27/10/2021

France : la politique de désintégration identitaire en Marche

Depuis l’accession à la présidence de la République de Valery Giscard-d’Estaing et de Jacques Chirac, la France s’est engagée dans une politique de désintégration identitaire. 

La République française a décidé d’ignorer les identités et cela a permis, dans un premier temps, à des populations d’identités compatibles, de s’y intégrer, pas toujours accueillies avec bienveillance, si l’on peut dire. 

Je n’en veux pour exemple que l’acceptation contrainte et indigne de l’arrivée d’un million de français d’Algérie, qui revenaient dans « leur » pays, et de quelques dizaines de milliers de harkis qui l’avaient servi.  

L’islam a comme vocation principale et universelle : l’intégration de tous les peuples à sa religion. 

Son objectif est d’atteindre cette vocation par la domination.  

Et cela ne date pas d’hier, sa vocation est millénaire. 

L’islam a parfaitement réussi dans de nombreux pays de notre monde en les colonisant et en les obligeant à se convertir de gré ou de force, par le prêche ou par le sabre, ce fut le cas notamment du Maghreb et, dorénavant, le monde occidental est devenu sa priorité : Il exige que l’Europe et sa population de souche devienne musulmane. 

Sa stratégie s’est modifiée, prenant conscience de ses échecs successifs au cours des siècles passés et de son impossibilité d’avoir recours à la force militaire, contre plus fort que lui militairement.   

Et depuis elle accepte que certaines lois islamiques s’appliquent à notre vie publique, à notre vie sociale, à notre justice, etc., et c’est là très exactement l’objectif mis en place par la nouvelle stratégie de l’islam : Un processus d’acculturation nécessaire afin de substituer une identité étrangère à notre propre identité. 

Nous devons œuvrer afin que la République, je veux dire ceux qui la gouvernent, maintienne envers et contre l’islam, la reconnaissance de notre peuple, de son droit à porter un nom spécifique, à protéger son identité et son existence, et cela conformément à la déclaration des Nations-Unies sur les peuples autochtones. 

Depuis 1789, et jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale, les « Républicains », qui détenaient le pouvoir, affirmaient une vérité qui serait punie par la loi à notre époque :   Jules Ferry n’hésitait pas à déclarer « que les races supérieures avaient pour devoir de civiliser  les races inférieures » et cette affirmation était reprise plus tard  par le républicain Léon Blum « Les races supérieures devaient, selon lui, attirer vers elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture ». 

Il était nécessaire, toujours selon ces républicains, de leur apporter la civilisation, la liberté, les droits de l’homme, etc. 

En deux phrases : « Il fallait faire de ces indigènes des «républicains» malgré eux, par la colonisation si nécessaire et même si cela était absolument contraire à leur religion ». 

Après cette colonisation, aujourd’hui rejetée par tous, c’est tout le contraire qui inspire nos politiciens. Si nous ne sommes pas encore une « race inférieure », nous ne sommes plus « supérieurs », nous sommes à peine « égaux ». 

Aujourd’hui il semble préférable pour eux de procéder à l’intégration, où à l’assimilation (choisissez le terme qui vous conviendra le mieux) et de laisser s’installer « chez nous » une population étrangère, qui ne tient absolument pas à abandonner ses mœurs et ses coutumes, bien au contraire, puisque son souhait est de nous les imposer, quand ce n’est pas encore sa religion, puisque la nôtre « fout le camp ». 

Nous, les autochtones de souche européenne, devenons de plus en plus minoritaires et c’est bien le but à atteindre par nos « envahisseurs » et par ceux qui leur ouvrent nos frontières : l’abandon progressif de notre propre identité. 

Plus de 15% de population étrangère qui ne participe pas à notre culture et rejette notre civilisation judéo-chrétienne, présentant un multiculturalisme, un métissage, une « créolisation » dorénavant, regroupant des identités différentes, des religions différentes, des couleurs différentes, est déjà installé dans notre pays et ce pourcentage progresse chaque nouvelle année. 

Qu’est devenu notre peuple de valeurs et de culture européenne ? 

Si l’on en croit les déclarations de certains ministres, par exemple celle d’Éric Besson, ministre de la République, en janvier 2009 : « La France n’est ni un peuple, ni une langue, ni un territoire, ni une religion. C’est un conglomérat de peuples qui veulent vivre ensemble. Il n’y a pas de Français de souche. Il n’y a qu’une France de métissage ». 

Effectivement c’est ce que la France devient, c’est le nouvel objectif d’intégration « Le vivre ensemble », même si nous ne voulons pas « vivre ensemble » et que nous souhaiterions que chacun puisse « vivre chez soi ». 

C’est la raison pour laquelle se forment des communautés parallèles qui se positionnent de force contre les autochtones. 

Cela explique les agressions quotidiennes contre les forces de police ou de gendarmerie, les pompiers, les enseignants, les élus, etc. 

Cela explique les crimes, les viols, les vols, les émeutes et les violences : Tout ce qui représente l’ordre républicain ou le visage blanc de l’autochtone. 

Les naturalisations et la binationalité et, demain peut-être, le droit de vote, donneront un pouvoir politique croissant aux représentants de ces communautés étrangères et peuvent présenter un danger en cas de conflit, surtout suite à une implantation importante dans les forces de l’ordre, les armées et le service public. 

Il y va d’un intérêt national que ces engagements soient surveillés de très prés. Ce n’est certainement pas dans notre intérêt que d’importants contingents d’étrangers, récemment francisés, reçoivent une instruction militaire ou stratégique, susceptible de se retourner contre nous. 

Le communautarisme s’impose. Il s’affirme chaque jour un peu plus et ses différences culturelles et religieuses, son identité, ses mœurs, ses dealers, règnent dans de nombreuses zones de notre territoire, où l’ordre républicain n’est plus assumé, où les forces de l’ordre ne peuvent plus intervenir sans être « caillassées » et, mais c’est déjà le cas, accueillies par des tirs d’armes à feu. 

Dieu sait que je n’aime pas me référer à De Gaulle, mais enfin : « Nous sommes quand même et avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne ». 

Un peuple qui ne peut pas ressembler à une communauté multiculturaliste, métissée ou créolisée. 

Notre peuple appartient à une civilisation, la civilisation européenne. Nous en sommes son héritage et nous ne devons jamais nous soumettre à une autre civilisation. 

Un autochtone est l’originaire par voie ancestrale du pays qu’il habite (Larousse). 

Il ne sera jamais question d’être traité, chez nous, comme un « sous-peuple ». 

Nous ne devons en aucun cas être la cible d’une discrimination raciale quasi officielle, ni subir un racisme quotidien. 

Ce sont les français de souche européenne qui constituent la population autochtone de la France. Lorsque la République est née, notre pays était habité par des hommes et des femmes de souche française qui avaient développés une civilisation propre avec ses traditions, ses langues et son identité française. 

La République doit conserver au peuple français son identité, que l’on veut confisquer, et les citoyens ont le droit et le devoir de la protéger. 

Ils ont le droit et le devoir de s’opposer à toutes intrusions susceptibles de vouloir détruire ses traditions, ses valeurs et sa culture. 

Le peuple autochtone doit rester souverain et s’opposer à toute colonisation. 

Si, comme les trois petits singes « on ne veut rien voir, rien entendre et rien dire » notre devenir est tracé : Race supérieure hier…race inférieure demain. 

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Manuel Gomez pour Dreuz.info.

20/10/2021

Le « wokisme » est le dévoiement du progrès

Nicolas de Pape, vous venez de publier votre nouvel essai « Tout doit disparaître », dans lequel vous décrivez une civilisation occidentale en état de siège. La menace vous paraît-elle d’abord extérieure — avec les séductions du modèle chinois — ou intérieure ?

Les deux.

La cancel culture s’est développée dans les universités américaines au départ de la « French Theory » (Deleuze, Derrida, Foucault) puis est revenue par effet boomerang en France et en Europe. L’Europe ayant la désagréable habitude d’imiter ce que les Etats-Unis ont de pire (malbouffe, radicalisme politique, versatilité extrême) et pas de meilleur (innovation, esprit d’entreprendre), notre continent est en train de se soumettre à une doxa qui lui est étrangère. Une imitation qui est particulièrement grotesque en matière de racisme soi-disant systémique puisque l’Europe n’a jamais pratiqué la ségrégation des Noirs sur son sol. A cet égard, le meurtre de George Floyd, instrumentalisé par les Démocrates, aurait dû rester une affaire américaine. On a d’ailleurs cherché à tout prix à avoir « notre George Floyd » avec l’affaire Traoré notamment. Concernant les attaques contre l’identité, la nation et le souverainisme, elles sont clairement d’origine intérieure, accentuées par notre fusion dans l’Union européenne, une utopie qui n’a pas que des défauts mais qui entend fédérer plusieurs anciens empires dans une superstructure bureaucratique hors-sol, ce qui est voué à l’échec. Mais ce sont bien entendu les nouvelles technologies de l’information et les Big Techs californiens (GAFAM) qui servent d’effet multiplicateur dans cette nouvelle « sociologie-monde ». Dans « The Game », Alessandro Barrico insiste sur le fait que les « hippies milliardaires » à la tête des GAFAM sont obsédés par le « plus jamais 1940-1945 », avatar de la reductio ad Hitlerum. Barrico souligne que la révolution numérique est une cause et non une conséquence. Mark Zuckerberg, par exemple, estime que si Facebook avait existé en 1940, il n’y aurait pas eu le nazisme !

Vous citez en exergue Raymond Aron « Le mythe de la gauche suppose celui du progrès”. Toutefois, l’idée et la réalité du progrès, notamment scientifique et technologique, ne sont-elles pas devenues consubstantielles à la civilisation occidentale ?

La néo-gauche wokiste est antithétique avec toute idée de progrès. Le wokisme est le dévoiement du progressisme. Pour les khmers dégenrés, même l’universalisme anti-raciste prôné par la gauche traditionnelle est le cache-sexe du patriarcat occidental post-colonial. Ils ne veulent pas réformer le capitalisme mais l’abattre. Faire table rase. L’histoire fourmille de ce type de mouvements nihilistes mais pour la première fois peut-être, il pénètre toutes les strates de la société. On le pense limité essentiellement à l’Europe de l’Ouest et les pays forgés par les Européens (Etats-Unis, Canada, Australie et Nouvelle-Zélande). Mais Douglas Murray, dans « The Madness of Crowds » (en français « La Grande Déraison » chez L’Artilleur) auteur qui a fait le tour du monde, l’observe sur à peu près tous les continents. Déjà Russie, Europe de l’Est et Chine affirment qu’ils ne se soumettront pas à cette chimère occidentale, preuve qu’ils sont en état de siège. Qu’on ne s’y trompe pas : les médias polonais et hongrois sont aussi woke que chez nous. Qu’on admire ou qu’on déteste Viktor Orban, il n’aura pas de successeur.

Vous relatez le combat courageux de Jordan Peterson contre la dérive du genre et autres aberrations de la sociologie contemporaine. Comment expliquez-vous que des idées fausses, démontrées fausses, persistent néanmoins à prospérer dans les sciences dites “humaines” même longtemps après qu’on en eut démontré la fausseté ?

Jordan Peterson a été LE lanceur d’alerte… Il l’a payé de deux ans de dépression en institutions psychiatriques… Dans les sciences humaines, l’université se prosterne actuellement devant ces nouveaux dieux néo-progressistes. Le corps professoral a perdu le nord. Dans « Ce que le militantisme fait à la recherche » (Tract Gallimard), Nathalie Heinich décrit l’université gangrénée par des professeurs militants et avides de revanche. C’est la guerre, dit-elle. « Obnubilés par le genre, la race et les discours de domination, ces professeurs appauvrissent l’Université de la variété de ses ressources conceptuelles. » Toutes sortes de thèses plus ou moins fantaisistes sur la race et le genre sont défendues par des thésards illuminés comme « (Dé)Construire la race : socialisation et conscientisation des rapports sociaux chez les diplômé.e.s du supérieur ». Selon le Rapport sur les manifestations idéologiques à l’Université et dans la Recherche, produit par des membres de l’Observatoire du décolonialisme et des idéologies identitaires[1]« l’université est aujourd’hui le théâtre d’un affrontement idéologique mené par les tenants de la déconstruction contre l’Institution elle-même. » Nos jeunes y sont lavés du cerveau puis pris en main par de nombreux médias acquis à la nouvelle révolution. Pour notre jeunesse, sortir indemnes de ce brainwashing relève du tour de force.

Comment expliquez-vous que l’Europe, qui “pèse” 10% des émissions humaines mondiales de CO2, s’imagine changer quoi que ce soit à la matière en réduisant ses propres émissions tandis que le reste du monde, à commencer par la Chine et l’Inde, persiste à les accroître de façon exponentielle ?

Par vanité. Les Européens (et singulièrement les technocrates hors-sol de la Commission européenne), bien qu’adeptes d’un antiracisme à œillères, se croient toujours actionnaires d’une civilisation supérieure qui se doit d’évangéliser les autres, moralement inférieures. En cela, ils pratiquent une sorte de néocolonialisme sans le savoir. L’Europe est le phare de la pensée mondiale et doit donner l’exemple en sauvant la planète mieux et plus rapidement que tout le monde. Conséquence pratique : la rapidité de la Transition énergétique européenne fait augmenter le prix du gaz car les marchés ont anticipé une forte demande pour compenser l’intermittence des énergies renouvelables, éoliennes et solaires.

Vous citez le Pape François comme agent du néoprogressisme contemporain. Un mot d’explication ?

Le Pape François ne comprend rien à l’Europe. Il est traumatisé par le fait qu’il a collaboré avec la dictature militaire argentine et veut s’amender. En cela, il rentre parfaitement dans le schéma de la repentance actuelle. Le Pape n’évangélise plus. Il met à égalité les « esprits » des peuplades amazoniennes et son Dieu. Il préfère accueillir des migrants au Vatican que se préoccuper du recul persistant de la pratique catholique en Europe. Je suis agnostique sans religion mais dans les moments tragiques que nous connaissons, nous aurions eu besoin d’un Jean-Paul II qui, avec Ronald Reagan, abattit le communisme soviétique.

Enfin, quel est votre pronostic pour la situation de l’Occident en 2050, c’est-à-dire demain ?

Le nihilisme wokiste et Cie va échouer tellement il est contraire au bon sens et à la biologie. Mais comme les anciennes utopies, il peut durer plusieurs décennies et faire beaucoup de dégâts avant d’être vaincu. C’est pourquoi il est urgent que la gauche « républicaine » anti-woke retrousse ses manches et aille au combat. Qu’elle prenne exemple sur les TERF (Trans-exclusionary radical feminist). C’est encore et toujours la gauche qui fait l’opinion.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Drieu Godefridi pour Dreuz.info.

17/10/2021

Le féminisme et la chute de l’Occident


la chevalerie au secours de l’Occident en grand péril

Je crois que l’un des mouvements de masse les plus dangereux qui s’est emparé de l’Occident est la volonté suicidaire d’émasculer, voire d’infantiliser, les hommes.

L’histoire ne regorge pas d’exemples de civilisations prospères et pacifiques composées d’hommes s’excusant de leur force et promettant d’être moins stoïques et plus larmoyants au combat. « Car celui qui, aujourd’hui, versera son sang avec moi, sera mon frère, » proclama le roi Henri V qui sut habilement rallier ses soldats pourtant en infériorité numérique par rapport à la chevalerie française à l’aube de la bataille d’Azincourt. Cette phrase est rapportée dans la version de Shakespeare du discours du roi à la Saint Crépin le 25 octobre 1415.

[Les Anglais se battirent à un contre deux mais leurs arcs à long bois dont les flèches transperçaient les armures des chevaliers français comblèrent cette différence numérique]

Six cents ans plus tard, l’exhortation d’Henry V serait jugée toxique, patriarcale et, Dieu nous en préserve, cis-normative. (1). Parler de sang, d’honneur et de virilité n’a plus de place dans une société qui s’est engagée à piétiner l’estime de soi des garçons et à obliger les hommes blancs à constamment vérifier leurs privilèges.

Malheur à toute nation, qui pense que transformer des hommes en femmes protégera l’un ou l’autre !

« Nous ne savons que trop bien que la guerre survient non pas lorsque les forces de la liberté sont fortes, mais lorsqu’elles sont faibles. C’est alors que les tyrans sont tentés. » Telle est l’essence de la diplomatie du président Reagan, qui a finalement renversé un empire du mal qui étouffait encore la moitié de l’Europe quarante ans après la fin officielle de la Seconde Guerre mondiale.

« Parlez doucement en tenant un gros bâton dans la main et vous irez loin, » conseillait le président Theodore Roosevelt après avoir noté combien il est impératif pour la survie d’une nation de ne jamais bluffer mais d’être toujours prêt pour une action rapide et décisive.

Agir autrement, c’est ce qu’a fait le président Obama, vêtu d’un jeans, quand il a publiquement aboyé comme un chien à propos d’une ligne rouge à ne pas franchir concernant l’utilisation d’armes chimiques. Il visait, sans le nommer, le président syrien Bashar-al-Assad. Il n’a eu ni le courage ni la force de le mordre le moment venu. Cela ne fait que rendre l’Amérique vulnérable et de l’exposer à la risée du monde.

[La tare de la gauche mondialiste est de croire que le monde peut être façonné à son image]

Comme pour rappeler au monde que l’ignoble doctrine Obama est revenue à la Maison Blanche, nos généraux sont soi-disant sur le pied de guerre mais notre nouveau président est une momie que l’on n’exhibe que lors de grandes occasions. Biden a démontré, dans la lamentable débandade en Afghanistan, à quel point un leadership émasculé est mortel autant pour les militaires que pour les civils.

Tout comme les nations occidentales ont décidé, de manière irrationnelle, de diaboliser les hydrocarbures et de laisser sous la terre le charbon et le gaz naturel pour ne pas offenser les prêtres verts et leurs doctes écritures sur le réchauffement climatique, ces mêmes nations ont décidé, de manière irrationnelle, de diaboliser la masculinité et d’enterrer la force naturelle et la virilité sous la boue épaisse des illusions sur l’identité sexuelle.

[Malgré son calamiteux mandat dans ces deux domaines phares de la doxa progressiste, Macron caracole avec 24% d’intentions de vote dans les sondages. Pauvre France !]

Toutes les orientations sexuelles sont encouragées et célébrées comme une vérité personnelle magique et révélatrice. Pour les hommes, en revanche, tout ce qui concerne leur nature intrinsèque doit être niée. Les jeunes garçons qui se bagarrent sont punis. L’agressivité est qualifiée de toxique. La compétition et la rivalité sont tournées en dérision.

Mais lorsque la guerre éclatera – et elle éclatera toujours – croyez bien que les progressistes ne prieront pas pour que des hommes en jeans moulants ou se remettant d’une castration chirurgicale viendront à leur secours. Ils espéreront que, d’une manière ou d’une autre, même après des décennies d’émasculation culturelle tous azimuts, il existe encore parmi eux de vrais mecs pour repousser la menace qui se profile à l’horizon.

Lorsque les nouveaux barbares arriveront pour conquérir ces nations frivoles qui ont mis la masculinité sur la touche au profit de la sexualité urbaine LGBT, la survie de l’Occident dépendra de ce qui reste encore de virilité parmi nous malgré les efforts de dirigeants tels que Trudeau, Obama et Macron pour remodeler les hommes de leur pays à leur propre image.

Les temps difficiles créent des hommes forts. Les hommes forts créent des périodes fastes. Les bons moments créent des hommes faibles. Et les hommes faibles créent des temps difficiles.

En regardant ce cycle si bien décrit par Geoffrey Michael Hopf dans son roman apocalyptique The Long Road, où diriez-vous que nous sommes à présent ? Si je ne m’abuse, n’est-ce pas des temps difficiles que j’entends frapper fort à la porte ?

Il ne s’agit pas de dire que la masculinité doit être célébrée dans ses formes les plus brutales et les plus viriles. Loin de là ! Tout comme la virilité est appréciée et respectée, elle doit être canalisée de la manière la plus vertueuse.

La civilisation s’est développée grâce aux efforts d’hommes qui ont cessé de se jeter des pierres. Ils ont commencé à empiler ces pierres pour bâtir des cathédrales et des remparts autour des villes. Les tribus sont devenues des nations lorsque des hommes ont choisi de sacrifier leur vie non seulement pour la survie de leur famille, mais aussi pour celle d’autres familles qu’ils ne connaissent pas.

Et lorsque la masculinité commence à être façonnée par la retenue, la chevalerie s’installe pour que les civilisations puissent s’épanouir. « Oh, non, monsieur, ne me parlez surtout pas de chevalerie ! C’est trop patriarcal ; regardez ailleurs ! Comment un jeune homme oserait-il tenir la porte ouverte à une dame derrière lui ? Comment oserait-il choisir d’assurer sa sécurité en s’interposant entre elle et le trottoir ? » Pourtant, mesdames, la galanterie est le ciment de la société, et nier son importance pour la paix domestique, est aussi singulier et néfaste que de nier l’importance de la masculinité pour la paix en général.

Dans son livre Manners & Morals, Emily Esfahani Smith raconte l’histoire de Samuel Dawitt Proctor. Ce pasteur de l’église baptiste abyssinienne d’Harlem offensa une jeune femme blanche lorsqu’il ôta poliment sa casquette alors qu’elle entrait dans la cabine d’ascenseur où il se trouvait. « Qu’est-ce que cela signifie ? » demanda-t-elle d’un ton courroucé et en tapant du pied sur le plancher. Le bon pasteur lui répondit respectueusement : « Madame, en tirant ma casquette, je vous dis plusieurs choses. Que je ne vous ferai en aucune façon aucun mal. Que si quelqu’un entre dans cet ascenseur et vous menace, je vous défendrai. Que si vous tombez malade, je vous soignerai et, si nécessaire, je vous porterai en lieu sûr. Je vous dis que même si je suis un homme et physiquement plus fort que vous, je vous traiterai avec respect et avec sollicitude. Mais franchement, Madame, cela aurait pris trop de temps pour vous dire tout cela ; alors, à la place, j’ai simplement fait un signe de chapeau. »

En d’autres termes, le pasteur Proctor faisait preuve de masculinité dans sa forme la plus élevée, alors même que la jeune femme inconsciente se révélait tellement endoctrinée par la condamnation de la virilité qu’elle la trouvait détestable.

Si la chevalerie est le sommet de la masculinité et que la correction politique vise à l’éliminer, faut-il s’étonner dés lors que des formes plus grossières de masculinité reviennent pour combler le vide laissé par l’absence de bonnes manières ?

[le lycéen qui a flanqué par terre son professeur alors qu’elle a voulu l’empêcher de sortir de la classe avant l’heure de la fin du cours est un bon exemple du ravage causé par les progressistes dans le ministère de l’éducation nationale. Ils piétinent allégrement les valeurs ancestrales de la chevalerie et de la galanterie depuis six décennies. Aucun journaliste sur les plateaux de télévision n’est à même de comprendre et d’expliquer cette causalité au public. L’abrutissement général en France est sidéral]

Lorsque le physique masculin et la testostérone sont punis tout au long de l’adolescence, faut-il s’étonner que des femmelettes comme Trudeau ou Macron accèdent au pouvoir? Croyez vous que cela puisse durer longtemps ?

=== commentaires du traducteur ===

(1) La cis-normativité ou la cis-identité sont des néologismes délirants inventés par les progressistes du XXI siècle désignant un type d’identité de genre où le genre ressenti d’une personne correspond au genre assigné à sa naissance. La personne en question est alors cis-genre ou cis-sexuelle. Ce néologisme est construit par opposition au trans-genre.

Alors que l’anniversaire de la bataille d’Azincourt approche, celle d’Andrinople qui se déroula, le 9 août 378, est plus instructive car elle sonna le glas de l’Empire d’Orient.

L’empereur Valens commandait, en personne, les légions romaines. Par souci d’éviter une effusion de sang parmi les femmes et les enfants dans les chariots qui accompagnaient les Wisigoths, il temporisa et accepta de discuter avec leur délégation. Dans la cuvette surchauffée d’Andrinople, les légionnaires attendaient patiemment l’ordre d’attaquer sous un soleil de plomb. Quand aux fieffés Wisigoths qui palabraient pour gagner du temps, ils misaient sur l’arrivée providentielle de la cavalerie des Ostrogoths. Quand celle-ci fondit dans la cuvette, ce fut un rude coup de boutoir dans les rangs des légionnaires qui étaient déshydratés et incapables de contenir le choc de cette attaque imprévue.

L’empereur Valens, neuf généraux et les 20 000 légionnaires furent tous trucidés au cours de cette journée funeste.

Voilà comment fut remercié l’empereur pour sa bienveillance de ne pas vouloir verser de sang collatéral.

Allesandro Barbero planta le décor de cette gigantesque boucherie dans Le Jour des Barbares. Son livre qui parut en 2006 alors que le feu couvait déjà en Occident, ne fut pas commenté par les journalistes. Je le lis et en parla à quelques connaissances parisiennes qui se bouchèrent les oreilles. Je sais que je suis catalogué comme un conservateur néanderthalien. Ainsi va la France.

L’empire romain était bien décadent et naïf en accueillant à tour de bras des barbares inassimilables qui traversaient chaque jour le Danube. La chute imminente de notre société suit exactement la trajectoire de l’empire romain avec l’accueil à tours de bras de ces « gentils » migrants traversant la Méditerranée avec la complicité des passeurs et des organisations gauchistes à la solde du milliardaire George Soros.

Ce parallèle évident n’affecte pas le troupeau bêlant qui est mené par des bergers matamores jouant du pipeau. Ces derniers l’abandonneront à son sort dès que les hordes de soudards entreront dans la cité et violeront les femmes, les filles et même les grand-mères !

Mesdames, quand vous appellerez le numéro du secrétariat à la condition féminine, vous n’aurez qu’un répondeur au bout de la ligne vous invitant à respecter une certaine distance afin de ne pas tenter ces soudards qui tiendront le haut du pavé. Voilà le sort qui vous attend en écoutant les niaiseries des progressistes qui se terreront comme des rats dans les caves. On a les politiques que l’on mérite !

Sur un plan personnel, j’ai fréquenté l’église baptiste abyssinienne d’Harlem quand le fameux pasteur Samuel Dawitt Proctor y officiait dans les années 90. Ses prêches musclés étaient un antidote contre l’hypocrisie de la correction politique et les inversions des valeurs qui sapaient déjà les fondements de l’Amérique. Le pasteur jouait sur du velours car il avait la peau noire, tout comme la plupart de ses paroissiens. La messe durait trois heures car son sermon durait plus d’une heure. Qu’importe ! L’assemblée des fidèles était ravie de l’entendre prononcer la vérité.

Signe prémonitoire, dans mon dernier livre en anglais, Cezanne Road, paru le 10 août, le caractère principal est un vieux ringard épris de chevalerie et de galanterie qui enlève son chapeau et fait une courbette à deux jeunes filles en jeans moulant qui le regardent de travers avant de s’esclaffer.

Je n’en reviens pas que mon livre soit en vente à la librairie The Ripped Bodice à Los Angeles. Elle appartient aux sœurs Lea et Bea Koch qui revendiquent sur leur site : « Ripped Bodice est la seule librairie exclusivement dédiée à la romance sur la côte ouest. Elle est fièrement tenue par une féministe et une lesbienne. » En regardant leur photo sur le site ci-dessous, vous reconnaîtrez qui est qui.

https://www.therippedbodicela.com/about

Enfin, pour aggraver mon cas, j’ai consacré cinq années de recherche pour une biographie en trois volumes du président Théodore Roosevelt. J’apprécie son courage en politique, et plus particulièrement son acte de bravoure, le 1er juillet 1898, à la bataille de la colline de San Juan. Teddy, pour les intimes, agit pareillement que le roi Henry V à la bataille d’Azincourt. Il chargea à cheval en tête de ses Rough Riders, un régiment de cowboys volontaires et dépenaillés qui ne portaient pas de vêtement militaire réglementaire. L’État-major envoya au casse-pipes ces gueux. Malgré de lourdes pertes dans leurs rangs à cause de la mitraille des soldats espagnols, ils réussirent à percer la ligne de défense stratégique sur la crête qui commandait l’accès au port de Santiago de Cuba où mouillait la flotte royale espagnole.

Par un vote du conseil municipal de New York, la statue de Teddy Roosevelt devant le musée d’histoire naturelle de New York a été déboulonnée parce qu’elle le montre à cheval et escorté par un africain et un noir américain à pied. Elle symbolise aux yeux de ces tarés une subjugation coloniale et une discrimination raciale.

https://nypost.com/2021/06/23/theodore-roosevelt-statue-at-museum-of-natural-history-to-be-relocated/

Booker Taliaferro Washington reçut un télégramme du président Roosevelt l’invitant à la Maison Blanche alors qu’il n’était en poste que depuis un mois après l’assassinat du président William McKinley à la foire de Buffalo. Washington était un noir qui était un brillant orateur. Il avait fondé l’institut Tuskegee en Alabama dont la mission était de former des instituteurs noirs dans le Sud. Il fut reçu à dîner par le président le 16 octobre 1901. Ainsi dans la plus grande simplicité avec le président, son épouse et ses enfants, ce noir fut le premier convive à partager un repas à la Maison Blanche. Teddy entretenait une relation épistolaire avec Booker à propos de l’éducation des noirs.

Voilà comment est traité aujourd’hui celui qui œuvra à la réconciliation nationale après la guerre civile. Pauvre Amérique !

http://www.todayifoundout.com/index.php/2013/05/the-first-african-american-invited-to-dinner-at-the-white-house/

Par J.B. Shurk pour American Thinker

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Bernard Martoia pour Dreuz.info.

10/10/2021

Paul le persécuteur converti par sa victime

Le théologien protestant Daniel Marguerat présente une réflexion inédite et très intéressante sur la destinée hors du commun de l’apôtre Paul.

Paul est à l’origine un pharisien modéré, formé à la meilleure école biblique de Jérusalem, mais devenu au fil du temps activiste radical et persécuteur de dissidents. Selon Daniel Marguerat, théologien spécialiste du livre des Actes des Apôtres, l’histoire bien connue de la conversion de Paul sur le chemin de Damas n’aurait jamais été possible sans l’évangélisation du bourreau par sa victime, un homme nommé Ananias.

Le texte des Actes raconte l’événement en deux épisodes : l’appel renversant du Ressuscité à Paul sur le chemin de Damas, puis l’enseignement novateur reçu d’un membre de la communauté christique nommé Ananias.

Entre 30 et 40, Shaoul de Tarse  est un homme intelligent motivé par de  fortes convictions. Il est non seulement juif et romain, mais il a aussi une double formation : celle reçue chez Gamaliel, érudit dans la tradition juive, et celle acquise auprès d’une école stoïcienne, renommée pour l’efficacité de sa rhétorique.

Lorsque les premières communautés juives adhérant au Christ se développent, aux côtés d’autres groupes considérés comme marginaux par les autorités de Jérusalem, Paul se lance dans une opération visant à garantir la pureté de la foi traditionnelle. Il persécute les membres de ces groupes appelés « minim » avec la prétention de sauvegarder l’identité traditionnelle menacée.

L’évangéliste Luc relate ces situations conflictuelles entre courants dans le Livre des Actes des Apôtres au chapitre 9 :

« Saul ne cessait de menacer de mort les disciples du Seigneur. Il alla trouver le grand-prêtre et lui demanda des lettres d’introduction pour les synagogues de Damas, afin que s’il trouvait des personnes, hommes ou femmes qui suivaient le chemin du Seigneur, il puisse les arrêter et les ramener à Jérusalem. »

Or, sur le chemin de Damas, voici qu’une voix interpelle Paul : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? » « Qui es-tu ? », demande Paul… « Je suis Jésus que tu persécutes ! »

Lorsque Paul se relève, il a perdu la vue, écrit Luc. Ses compagnons de route le conduisent à Damas. De ce fait, le plan d’action de Paul est compromis. En suivant le texte de près, on comprend que la conversion de Paul n’a pas encore pu avoir lieu. Elle va se réaliser par la suite grâce à la rencontre avec un certain Ananias, qui faisait partie du groupe que Paul était venu liquider. Selon Luc, le Ressuscité a confié à ce juif chrétien la mission d’enseigner à Paul une catéchèse de guérison. Ananias réagit : « Seigneur, de nombreuses personnes m’ont parlé de cet homme et m’ont raconté tout le mal qu’il fait à tes fidèles à Jérusalem ».

On constate que le message christique demande à Ananias de parler à son bourreau pour l’amener à la vérité. Le Ressuscité explique le sens des événements : « J’ai choisi cet homme pour faire connaître mon nom aux autres nations… ». C’est une vraie révélation : Paul le persécuteur va devenir l’apôtre des nations. L’ennemi numéro un des disciples reçoit ainsi la mission étonnante de faire franchir au mouvement christique les frontières du judaïsme, à l’intérieur desquelles Jésus avait initialement inscrit son engagement.

Ananias répond à l’appel et, parti à la rencontre de Paul, il lui impose les mains en disant : « Saul, mon frère, le Seigneur Jésus qui t’est apparu sur le chemin m’a envoyé vers toi pour que tu puisses acquérir une vision nouvelle et que tu sois animé de l’Esprit Saint ». Les sortes d’écailles qui recouvraient les yeuxde Paul tombent et il peut voir de nouveau. Il est baptisé et les forces lui reviennent aussitôt.

Mais des regards interrogatifs se tournent vers Paul : « N’est-ce pas cet homme qui persécutait violemment à Jérusalem ceux qui font appel au nom de Jésus ? N’est-il pas ici exprès pour les arrêter ? ».

Et Paul va devoir préciser le sens qu’il donne à sa nouvelle démarche de foi : il ne change pas de religion, il donne une nouvelle orientation à sa foi juive en intégrant la résurrection du Jésus. Paul commence son ministère de prédicateur du Christ dans les synagogues de Damas. On verra dans ses épitres qu’il continue de faire le lien entre l’enseignement du Christ et les fondamentaux du premier Testament. Les promesses faites au peuple choisi, Israël, s’élargiront à toutes les nations. Paul ouvre la tradition biblique et son éthique vertueuse à l’ensemble des hommes de bonne volonté, comme le préfiguraient certains prophètes d’Israël.

Que peut-on déduire de cette étape surprenante où le persécuteur est délivré de sa violence par sa victime ? Le théologien protestant y voit un message à trois niveaux. Premièrement, Dieu passe par des médiations humaines. Nous sommes tous interdépendants et c’est ensemble, tels que nous sommes, que nous édifions l’avenir par nos initiatives inspirées.

Ensuite, il convient de savoir s’émerveiller du courage des gens simples et ordinaires. Ces attitudes de confiance et d’engagement dans la vie de tous les jours contribuent discrètement à changer la donne.

Et enfin, le monde en effervescence est rempli de confrontations entre bourreaux et victimes. Le témoignage de Luc nous dit que le retournement de situation est possible, au-delà des clivages conflictuels. Une voie peut être recherchée dans laquelle bourreaux et victimes peuvent être sauvés de la fatalité et de son cortège d’horreurs.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

Le vrai clivage politique n’est plus Droite/Gauche mais mondialisme/souverainisme

L’identité, la mondialisation et la souveraineté sont des thèmes qui sont déjà centraux dans le cadre de la pré-campagne présidentielle. Le vrai clivage n’oppose plus vraiment la droite et la gauche, mais, d’un côté, des « patriotes » et, de l’autre, les défenseurs de l’idéologie de la déconstruction.

Alexandre del Valle revient sur les sujets liés à l’identité, à la mondialisation et à la souveraineté, thèmes qui sont déjà centraux dans le cadre de la pré-campagne présidentielle. Pour lui, le vrai clivage oppose dans ce contexte non plus vraiment la droite et la gauche, mais, d’un côté, les « patriotes » partisans d’une resouverainisation des Etats-nations occidentaux dans le cadre d’une véritable politique de civilisation, et, de l’autre, les défenseurs de l’idéologie planétariste de la déconstruction portée par les élites mondialisées qu’il qualifie de « post-démocratiques ».  

30 ans après son apogée, consécutive à la chute de l’URSS et l’ouverture de l’Asie aux multinationales occidentales, l’idéologie de la « mondialisation heureuse », lecture naïve de la mondialisation marchande qui permet à nos élites d’imposer l’idéologie de la déconstruction et du démantèlement des souverainetés nationales, est largement remise en question. En dehors de l’Occident, tout d’abord, la quasi-totalité des Etats sont identitaires et fort nationalistes. Ensuite, nos sociétés occidentales elles-mêmes sont de plus en plus clivées par l’antagonisme « patriots versus worldistsé (dixit Trump), ou plutôt « souverainistes vs mondialistes ». La thèse « désouverainiste » portée par des intellectuels comme Bertrand Badie en France, selon laquelle l’Etat serait déclassé dans son ancien statut d’acteur majeur des relations internationales au profit d’organisations internationales, des multinationales et de firmes digitales qui annonceraient l’avènement du capitalisme ubérisé apatride (le « McWorld » de Benjamin Barber), sont démenties chaque jour par les faits. L’ascension de pays émergeants, tous ultra-nationalistes et hostiles à l’idéologie woke-libertaro-cosmopolite, est en train d’édifier un monde de plus en plus polycentrique. Ce multipolarisme conteste radicalement et l’hégémonie occidentalo-américaine et l’idéologie de la déconstruction des valeurs et souverainetés portées par McWorld. Partout, de l’Inde à la Turquie, en passant par la Russie, la Chine, le Brésil ou la Malaisie, des régimes nationaux-identitaires sont rentrés de plein fouet dans la mondialisation pour se lancer à la conquête du monde ou de zones d’influences, et pas du tout pour adhérer à la lecture mondialiste-libertarienne-woke de l’Occident McWorld. Cette idéologie libérale-libertarienne est au contraire perçue comme un danger existentiel pour leurs modèles culturels et religieux et pour leurs souverainétés. A la tête de cette contestation, la Chine confucéo-maoïste et nationaliste n’est entrée dans la mondialisation que pour accroître sa prospérité et sa puissance et elle dénonce frontalement la doxa mondialiste-libertarienne de l’empire occidental. Xi Jinping ne voit dans la globalisation qu’un champ d’hyper-concurrence économique et de projection de la puissance de son pays qui se prépare à dominer le monde et qui tient l’Occident par la fourniture de biens et services et de matières premières essentielles (terres rares, etc). Les délocalisations et la désindustrialisation massives voulues par les multinationales avides se retournent de façon fatale contre la puissance occidentale. La mondialisation marchande moderne, lancée dans les années 1980 et accélérée dans les années 1990 avec l’ouverture des marchés des pays satellites de l’ex-URSS puis de l’Inde et de la Chine, n’est plus anglosaxonne mais multipolaire, elle ne rime plus avec mondialisme mais avec Realpolitik.

L’Europe, Dindon de la farce de la mondialisation marchande

Sur le Vieux Continent, le projet européen a perdu presque toute sa légitimité, et l’européisme anti-souverainiste, qui impose son moralisme droitdelhommiste-woke et son multiculturalisme, est désormais perçu comme une variante d’une entreprise de « désouverainisation », un laboratoire du « Village Mondial », en plus de demeurer une zone d’expansion de l’empire américain, de ses « applis », de son soft power (Hollywwod) et de son hard power (OTAN) puis de ses multinationales McWorld… Les peuples de l’Union européenne, inquiets pour la survie de leur culture et de leur nations, ont compris que l’Europe supranationale est une non-Puissance volontaire; qu’elle ne les protège pas ni ne défend leur civilisation, mais qu’elle fait d’eux des cobayes du mondialisme et en fin de compte des dindons de la farce de la mondialisation et de sa lecture cosmopolite-utopique fallacieuse.

Dans le meilleur des cas, avant de dériver vers une machine normative désouverainisante, l’Europe fut conçue à ses origines par le banquier -agent américain Jean Monnet pour devenir une zone d’expansion de la puissance étatsunienne en Eurasie, dont la vocation est de bloquer la progression du Heartland russe vers l’Ouest et les Mers Chaudes, et donc de pérenniser la coupure du Continent européen en deux au profit du Sea Power américano-anglo-saxon. La récente affaire des contrats de sous-marins français qui n’ont pas  été livrés aux Australiens après que nos intérêts aient été torpillés par nos « alliés » américano-anglais découle autant de ce paradigme de l’empire maritime anglosaxon que de la nouvelle double guerre froide entre l’empire déclinant étatsunien et le tandem russo-chinois, entre lesquels la Vieille Europe désouverainisée est prise en tenaille et la France considérée comme un trouble-fête…

Les peuples occidentaux face à l’empire planétaire Mcworld

Le mandat du « patriote » Donald Trump, sciemment rendu impossible par les forces mondialistes, russophobes, multiculturalistes, tant démocrates que néo-conservatrices, liées à l’Etat profond américain et à McWorld, a démontré à quel point le planétarisme anti-identitaire de cet empire marchand conçu par les Etats-Unis a échappé, tel un Golem, à son créateur, et a fini par se retourner contre le peuple américain lui-même, puis contre les nations d’Occident dans leur ensemble. Celles-ci sont aujourd’hui toutes piégées par la doxa anti-identitaire qui avait été conçue au départ dans le but de masquer-justifier moralement les dessins conquérants planétaires des Etats-Unis et de leurs firmes multinationales, mais qui est devenue une idéologie de la déconstruction et donc de l’anomie et de l’acculturation. Comme on le voit chaque jour, l’idéologie mondialiste élaborée par l’empire américain, dont la Cancel culture, le BLM et le « wokisme » sont les derniers avatars, suite logique de la Politically correctness, est en train de le détruire de l’intérieur, par le multiculturalisme, la repentance ethno-masochiste, et les communautarismes indigénistes revanchards ou « antiracites racialisés », tous tournés contre le « mâle Blanc judéo-chrétien-européen », son modèle national et familial, sa civilisation, et sa pérennité même. Maudit par les GAFAMS et par les élites post-démocratiques qui conçoivent la nouvelle démocratie comme l’affaire d’une « élite » qui « éduque » le peuple majoritaire suspect et dont le pouvoir souverain des représentants élus doit être limité par celui des juges inamovibles et des instances « indépendantes » non élus, l’homme blanc occidental hétérosexuel et judéo-chrétien enraciné est désormais l’homme à abattre. La doxa de la Cancel culture l’enjoint de disparaître sous les coups de boutoirs d’une immigration massive extra-européenne et d’une culture de mort déconstructrice et anti-nataliste, présentée comme la seule expiation possible de ses fautes impardonnables. Ceci explique l’apparent paradoxe qui fait que les athées tiersmondistes néo-gauchistes et les mondialistes à la Soros ou à la Benetton et autres adeptes de la déconstruction soutiennent à la fois le wokisme, les lobbies LGBT, les migrations massives illégales, les attaques contre la religion chrétienne, mais appuient en même temps les dessins de conquête ouvertement hostiles des prosélytes islamistes. Ceux-ci auraient tort de ne pas profiter de la formidable opportunité offerte par le deconstructivisme de l’Occident qui s’offre objectivement, en faisant abaisser la garde aux Européens, en une terre à conquérir, un vide identitaire à remplir. Inversement, les prédateurs islamistes qui culpabilisent à l’envi un Occident repentant accusé de façon ubuesque d’êtres « racistes et islamophobes », ne se frottent pas à la Chine totalitaire qui tient le monde entier par sa stratégie de jeu de Go de la dépendance industrielle et commerciale et qui soumet radicalement ses communautaristes islamistes ou autres, sans culpabilisation aucune.

Les peuples européens inquiets pour leur identité et pour l’avenir de leur nations et de leur civilisation sont de moins en moins dupes de la lecture cosmopolitiquement correcte de la globalisation devenue dangereuse. Les défis et menaces comme les mafias transnationales, de la pollution environnementale, des délocalisations/désindustrialisation, lds multinationales et GAFAMS ennemies de l’Etat souverain, de l’islamisme conquérant, foncièrement internationaliste, ou encore du virus CovId 19 (ou d’autres encore) ont brutalement rappelé les effets parfois tragiques de la mondialisation marchande. Celle-ci n’a pas été uniquement « heureuse », car elle a engendré une fatale hyperdépendance et un appauvrissement culturel généralisé de l’Occident, elle a détruit les liens sociaux à mesure de l’essor des réseaux sociaux mondialisés et des industries addictives du divertissement et des médias surpuissants, sans oublier les migrations incontrôlées et l’affaiblissement des souverainetés et identités nationales qui préparent, en réaction, un violent retour du refoulé identitaire. D’évidence, tous les prédateurs naturels de la vieille Europe désouverainisée et donc de la France se nourrissent de cet abaissement de la garde et des frontières des Etats européens, dont les élites identitairement complexés sont devenues irresponsables et tributaires d’instances décisionnaires privées et internationales.

Le phénomène Zemmour en France ou Orban en Hongrie signe-t-il un réveil des peuples d’Europe ?

C’est parce que des peuples d’Occident laissés pour compte de la mondialisation et de la désouverainisation semblent se réveiller, notamment sous la forme du « populisme » (quoi qu’on en pense) que l’Etat profond américain, l’Establishment démocrate, leurs homologues sociaux-démocrates d’Europe de l’Ouest, la technocratie bruxelloise et les multinationales, les GAFAM, les lobbies « woke »/diversitaires et la gauche multiculturaliste redoublent de répression médiatique, judiciaire, politique et idéologique pour faire taire ces voix discordantes « nauséabondes ». Plus que jamais, nos élites post-démocratiques appuyées par des médias aux ordres des multinationales et intimidés par la posture accusatoire permanente de la bien-pensance progressiste, craignent le réveil électoral de la majorité populaire « blanche hétérosexuelle judéo-chrétienne ». Celle-ci est globalement suspecte de « fascisme » et de « racisme », sous prétexte de dénoncer l’immigration incontrôlée, et de ce fait soumise à la Reductio ad hitlerum permanente, véritable arme de guerre psychologique et politique. Ceci explique d’ailleurs la tentative récente des médias et politiques français de ranger le pourtant gaulliste et juif Eric Zemmour dans la catégorie « extrême-droite », voire « révisionniste », comme cela a déjà été tenté sans succès en Hongrie avec Victor Orban, aux Etats-Unis avec Donald Trump ou au Brésil avec Jair Bolsonaro. L’histoire montrera d’ailleurs un jour que le plus pacifiste et donc le moins criminel des présidents américains depuis Jimmy Carter a été Trump, qui, quoi que l’on pense de cette bête de scène certes vulgaire et démagogique, surtout coupable d’avoir voulu rapprocher son pays de la Russie (ennemi utile justifiant l’empire militaro-industriel et l’expansion de l’OTAN en Eurasie) et échappé à la doxa mondialiste de l’Establishment interventionniste américain.

Toujours est-il que les peuples ringardisés d’Occident qui n’ont pas dit leur dernier mot ont compris que le modèle post-démocratique des régimes occidentaux repose sur  la confiscation du pouvoir parlementaire et populaire par le celui, sans contre-pouvoirs, des médias et juges inamovibles non-élus. Malgré une extraordinaire propagande d’Etat cosmopolitiquement correcte digne de la PRAVDA soviétique, les peuples d’Europe ont compris que nos sociétés « antiracistes », « tolérantes », « inclusives », ouvertes à l’immigration extra-européenne et musulmane de masse au nom du « multiculturalisme » et d’une xénophilie expiatoire, sont devenues plus multi-conflictuelles que jamais bien qu’elles soient en réalité les moins racistes du monde. En dépit des vains haussement d’épaules, et autres « indignations », plus personne ne peut nier que dans toutes les grandes métropoles des pays occidentaux à forte immigration musulmane, des quartiers de contre-société et des zones contrôlées par des bandes délinquantes ethnicisées et des islamistes hostiles à la civilisation qui les abrite sont le théâtre d’un choc de civilisation qui, au départ global (Occident/monde musulman), est désormais devenu interne, puisqu’il passe, « grâce » à l’immigration extra-européenne, par des enclaves communautaires islamiques de plus en plus ouvertement hostiles aux peuples autochtones, voire parfois animées d’un revanchisme conquérant. D’où le risque de libanisation, que Xavier Bertrand lui-même a qualifié de « guerre civile » en devenir.

Mondialisation dangereuse

Nous ne le répéterons jamais assez, et c’est la thèse centrale de mon dernier essai co-écrit avec l’ancien président de la Sorbonne Jacques Soppelsa, La mondialisation dangereuse*: la Vieille Europe, engluée dans une repentance devenue pathologique, dont les identités et souverainetés des Etats-nations sont détruites par un supranationalisme européiste qui n’a pas su pour autant créer en compensation une souveraineté continentale est le principal dindon de la farce de la mondialisation. Cette Europe désouverainisée et hostile envers ses propres racines civilisationnelles est la seule à s’imposer à elle-même les contraintes morales et juridiques édictées par des organisations internationales multilatérales libérales et onusiennes (OMC, ONU, FMI, OCDE) que la Chine ou les Etats-Unis bafouent allègrement ou détournent à leur profit national. Sa lecture désouverainiste, naïvement idéologique, béatement repentante, et en fin de compte dévitalisante, de la globalisation (processus en réalité neutre) envoie un immense signe de faiblesse qui ne peut qu’attiser les appétits de puissance de ses trois grands prédateurs :

-l’empire américain démocrate-McWorld, qui domine l’Europe culpabilisée par l’entretien du mythe de l’empire du Mal russe post-Soviets et qui la transforme progressivement en protectorat anglophone et en champs de consommation des addictions de la société de consommation conçue par McWorld ;

-L’empire mercantiliste anti-universaliste chinois, qui a profité de l’avidité des multinationales occidentales délocalisées sur son territoire pour les piller technologiquement (comme il a violé les règles de l’OMC) dans un but d’expansion économique mondiale qui passe par le renversement de la mondialisation contre l’Occident permis au Grand déclassement;

– puis le néo-impérialisme panislamiste – avec à sa tête la Turquie néo-ottomane irrédentiste, le Qatar, l’Arabie saoudite, le Pakistan et les Frères musulmans – qui fait converger des puissances certes hétérogènes mais qui concurrent toutes, sous couvert de prosélytisme religieux, par la démographie, l’immigration, l’argent et le retournement des valeurs tolérantes de l’Occident contre lui-même, à islamiser l’Europe.  

La revanche d’Huntington

Si la thèse célèbre du grand universitaire de Harvard Samuel Huntington, Le choc des civilisations, a été tant conspuée, c’est parce qu’elle annonçait, des 1993, l’erreur majeure des Occidentaux qui avaient une lecture anti-identitaire de principe d’une mondialisation qui ne pouvait pas rester longtemps sous le seul contrôle de l’Amérique triomphante et qui allait inévitablement se retourner contre son peuple, victime des délocalisations de masse et de son idéologie wokiste de mort démographique et morale. Huntington annonçait que la mondialisation et Internet n’allaient pas du tout faire disparaître les identités des peuples, mais qu’elle allait permettre a contrario à ces derniers d’accéder à une « conscience civilisationnelle » déterritorialisée, donc encore plus large. Ceci explique pourquoi il est mille fois plus difficile en France et ailleurs d’intégrer, sans un fort patriotisme d’Etat et un contrôle sécuritaire très ferme, des populations musulmanes extra-européennes qui sont aujourd’hui bien plus connectées à leurs pays d’origine et manipulables par des puissances islamistes et anti-occidentales hostiles que jadis: les antennes paraboliques des années 1990 et l’internet des années 2000, couplées au fait que les islamistes ont profité de l’ouverture de nos pays à leur propagande, de l’immigration incontrôlée et de l’aide de la gauche révolutionnaire islamophile et anti-nationale, ont abouti à l’édification, dans les « banlieues de l’islam » décrites par Gilles Kepel, de véritables enclaves identitaires. Celles-ci sont contrôlées par des groupes ethno-religieux de plus en plus hostiles aux valeurs des nations qui ont pourtant accueilli leurs parents comme tant de pays riches du Golfe ne l’auraient jamais permis. De ce fait, ceux qui viennent de cultures fort différentes, voire opposées aux moeurs occidentales-mécréantes, comme les lois de la Charià prescrivent de les combattre, sont encore plus difficilement assi­milables aujourd’hui à la société d’accueil qu’avant l’ère des télécommunications, lorsque les émigrés étaient coupés de leur milieu d’origine par les lois de la géographie. Tout le problème des banlieues et de l’immigration extra-européenne réside dans ce constat du multiculturalisme devenu multi-conflictualisme.

L’utopie planétaire déconstructrice de Mcworld: menace pour la vraie diversité d’un monde en voie de multipolarisation

La question majeure qui se pose, d’un point de vue géopolitique, est donc la suivante: ce monde « plat » promis par les adeptes de la « mondialisation heureuse » est-il seulement un modèle viable ou au contraire dangereux pour ceux qui en sont dupes? Le projet de supra-société mondiale mis en oeuvre par les élites de McWorld ne s’apparente-t-il pas à une périlleuse utopie déconstructrice? Celle-ci n’a-t-elle pas déjà fait disparaître des milliers de langues minoritaires, donc des cultures, au nom même d’une fausse « diversité » uniformisatrice? Cette mondialisation n’est-elle pas menaçante lorsqu’ elle délégitime l’Etat-Nation – pourtant le plus à même à protéger les citoyens et à faire respecter un « vouloir-vivre ensemble », lorsqu’elle déconstruit ou diabolise les traditions, les normes sociales, les valeurs et les principes d’autorité au nom d’un libertarisme consumériste, alors que les normes et l’autorité sont vitales pour échapper à la barbarie?  La diabolisation de l’identité portée par ce projet de Village mondial au nom d’une pensée « cosmopolitiquement correcte » n’est-elle pas une trahison de la diversité qui, par essence, est composée d’identités ?

La Mondialisation dangereuse, vers le déclassement de l’Occident? co-écrit avec le professeur Jacques Soppelsa, éditions de l’Artilleur, sortie cette semaine en librairies.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Alexandre Del Valle pour Dreuz.info.