30/11/2021

Refroidissement climatique

La mer Arctique a gelé tôt, piégeant 18 navires dans la glace près de la Russie. Les prédictions du réchauffement climatique ne se réalisent donc pas comme promis.

Des preuves commencent à converger avec l’idée que ce qui se passe avec le climat est lié à la production d’énergie solaire. Le Soleil est probablement entré dans le Grand Minimum Solaire moderne (2020-2053) de l’activité des taches solaires (1).

« Cela signifie qu’il y aura une réduction significative du champ magnétique et de l’activité solaire, comme pendant le minimum de Maunder, ce qui entraînera une réduction notable de la température terrestre », affirme Leslie Eastman, professionnelle de la santé et de la sécurité environnementales, et rédactrice scientifique et technique.

https://legalinsurrection.com/2021/11/arctic-sea-freezes-early-trapping-18-ships-in-ice-near-russia/


Cette théorie s’aligne mieux avec le froid record dans l’Antarctique ainsi qu’avec le gel précoce dans l’Arctique qui vient de bloquer 18 navires (2).

Le Times rapportait ceci la semaine dernière :

Au moins 18 navires sont bloqués dans la glace de mer arctique au large de la Russie après qu’un gel précoce inattendu a pris les compagnies maritimes par surprise. Certains pourraient rester bloqués pendant des mois en attendant que des brise-glace les rejoignent.

Ces dernières années, le réchauffement climatique a permis aux navires de traverser certaines parties de la route maritime du nord de la Russie en novembre sans l’aide de brise-glace. Les armateurs avaient supposé que ce mois-ci ne serait pas différent.

Or, selon le Barents Sea Observer, un site d’information norvégien, de la glace d’une épaisseur pouvant atteindre 30 cm s’est déjà formée dans la majeure partie de la mer de Laptev et de la mer de Sibérie orientale.

La situation critique des navires, qui sont bloqués à cinq endroits différents, suscitera des inquiétudes à Moscou, où le Kremlin a investi massivement dans la route maritime du Nord, le changement climatique ouvrant le passage maritime entre l’Europe et l’Asie.

https://www.thetimes.co.uk/article/early-arctic-sea-freeze-traps-18-ships-in-ice-near-russia-c93lz7fkx

D’autre part, de nouvelles preuves montrent que l’Arctique se réchauffe, non pas à cause du dioxyde de carbone, mais en raison d’un processus appelé « Atlantification » (3).

Les nouvelles recherches mettent en évidence la connexion entre l’Atlantique Nord et l’Arctique entre le Groenland et le Svalbard, une région connue sous le nom de détroit de Fram, où les eaux plus chaudes et plus salées du sud se sont régulièrement infiltrées dans les eaux du nord.

« La détermination de la date exacte du début de l’atlantisation de l’Arctique peut nous donner des indices importants sur les mécanismes exacts de ce phénomène », a déclaré Francesco Muschitiello, co-auteur de l’étude.

Une chronologie plus précise du réchauffement de l’Arctique permettra également aux scientifiques de comparer l’histoire du changement climatique dans l’Arctique aux changements dans le volcanisme, l’activité solaire, l’eau douce, les gaz à effet de serre, les aérosols, etc.

Il est clair que les « experts » sont déroutés par le climat mais qu’ils ne le disent pas trop : entre la fierté, l’amour propre, la honte de s’être trompé après avoir affiché une assurance inébranlable, et surtout la pression internationale des dirigeants politiques qui utilisent le réchauffement comme moyen de soumettre les populations à un mode de vie imposé par une minorité, sans oublier le prétexte à taxer, les scientifiques se taisent.

Il faut donc se précipiter pour imposer des remèdes qui ne fonctionneront probablement pas, mais qui sont certains de nuire aux économies occidentales, d’abaisser le niveau de vie, de gonfler les effectifs et remplir les poches des bureaucrates, et coïncidence, c’est exactement le programme marxiste de destruction du capitalisme.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

  1. https://watchers.news/2020/09/02/zharkova-study-modern-grand-solar-minimum-2020-2053/
  2. https://www.thetimes.co.uk/article/early-arctic-sea-freeze-traps-18-ships-in-ice-near-russia-c93lz7fkx
  3. https://www.upi.com/Science_News/2021/11/24/arctic-warming-atlantification/2141637764455/

23/11/2021

Gilles-William Goldnadel : « Est-ce vraiment l’extrême droite qui menace la liberté d’expression ? »

Sans nier la gravité des menaces de l’extrême droite à l’encontre de la presse, l’avocat Gilles-William Goldnadel considère que ce phénomène est dérisoire en comparaison des actions de la gauche radicale contre la liberté d’expression.

Dans un livre à paraître le premier décembre prochain, Manuel de résistance contre le fascisme d’extrême-gauche, je soutiens de manière documentée que «les fachos ont changé de côté». En matière d’intolérance, de violence, de censure, de racisme et d’antisémitisme notamment.

Pourtant, contre l’évidence factuelle aveuglante, l’extrême gauche médiatique poursuit, avec un indéniable succès, son récit victimaire d’une «extrême-droite», largement fantomatique, qui menacerait les journalistes. C’est ainsi que Mediapart et Street Press, copieusement relayés, évoquent des menaces de l’ultra droite contre des journalistes.

Je ne viens pas dire ici que des menaces n’existeraient pas, mais je viens affirmer qu’il faut une énorme dose de cécité intellectuelle, de sens de la disproportion et d’esprit sélectif pour focaliser sur une alouette et refuser de voir ces chevaux de la gauche médiatique, politique ou universitaire qui piétinent avec leurs gros sabots la liberté de parler ou d’informer.

Je ne ferai témoin mon lecteur que des plus récents exemples en date.

C’est ainsi que la semaine dernière, l’on apprenait que le rédacteur en chef de l’hebdomadaire de droite Valeurs Actuelles, Geoffroy Lejeune, était persona non grata à l’institut de Sciences Politiques. Au rebours de Monsieur Philippe Poutou, du Nouveau Parti Anticapitaliste, qui y avait été accueilli avec urbanité. Je n’ai lu aucune protestation émanant de journalistes ou de leurs syndicats professionnels épris de la liberté d’exprimer.

Je profite de la circonstance pour rappeler que l’hebdomadaire précité et d’autres de même obédience, comme Boulevard Voltaire, sont la proie d’activistes anonymes d’extrême gauche agissant sous le nom de «Sleeping Giants» qui intimident leurs annonceurs.

Ici encore, je n’ai assisté à aucune démonstration de solidarité confraternelle ou syndicale minimale. Au contraire, ainsi que j’en avais fait une chronique estivale, la radio de service public France Inter, très théoriquement tenue à une obligation réglementaire de neutralité et d’objectivité, avait dit le plus grand bien de ces censeurs arbitraires géants très marqués idéologiquement.

La même antenne publique, par la bouche de sa responsable médias, Sonia Devillers pour ne pas la nommer, avait dressé publiquement une liste nominative de «mal pensants» (dont votre serviteur) qui avait le front sans doute trop national de s’exprimer sur CNews.

Précisément, la semaine dernière, la journaliste de CNews, Christine Kelly a fait l’objet de menaces de décapitation sur les réseaux sociaux. Pas une tête de gauche indignée ne s’est dressée. Jordan Florentin, rédacteur en chef du service politique du média Livre Noir, classé à droite a porté plainte samedi contre l’humoriste Yassine Belattar, notamment pour séquestration et menaces. Là-encore, certains journalistes tardent à relater cette information.

Serait-ce vraiment « l’extrême droite » qui menacerait la liberté d’informer ? Ou les fachos auraient-ils changé de côté ?

Gilles-William Goldnadel

Mais d’évidence, c’est la possible candidature d’Éric Zemmour, journaliste mais présenté uniment comme «polémiste d’extrême droite» qui a déclenché de nombreux exemples d’intolérance et de violence dans un concert de silence assourdissant.

Le 23 octobre dernier, 160 journalistes ont signé une pétition hautement inspirée et relayée par Mediapart aux fins de «l’invisibiliser». Le 30 octobre, à Nantes, des antifascistes autoproclamés, drapeau palestinien à la main, ont tenté d’empêcher l’une de ses réunions, en s’en prenant aux policiers, aux cris attendrissants d’«Amour partout, Zemmour nulle part !». Quoiqu’on pense de l’intéressé, un candide aurait pu espérer quelques réactions des défenseurs progressistes de la liberté de réunion et d’expression.

Enfin, apothéose de la violence verbale, ce dimanche, Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI, sur France Info, a cru bon de déclarer «Zemmour, si Pasqua était là, il te mettrait une balle dans la tête !». La chaîne publique a eu l’étrange idée de tweeter spécialement ces propos littéralement meurtriers, les considérant benoîtement comme un simple «tacle», avant que de les retirer plus tard comme «contraires à ses valeurs» lorsque l’homme politique les a regrettés.

Serait-ce vraiment «l’extrême droite» qui menacerait la liberté d’informer ? Ou les fachos auraient-ils changé de côté ? La question sera-t-elle posée ?

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Gilles-William Goldnadel pour Dreuz.info

20/11/2021

Chant et musique : retour aux sources !

Notre société sécularisée a tendance à nous faire ignorer les sources spirituelles de la civilisation occidentale et de ses innombrables réalisations culturelles. Or, que l’on soit croyant ou non, il est bon de savoir que tous les aspects du chant et de la musique sont déjà présents dans la Bible ! L’Ecriture sainte nous affirme que la créativité humaine a quelque chose à voir avec la relation à Dieu…

Dès les premières pages de la Bible, la dimension musicale est présente, c’est même une activité indispensable à l’homme au même titre que l’agriculture et l’artisanat.

Les interrogations existentielles de Job, aux tonalités très modernes, nous rappellent que la musique a un destin lié à la pensée et à la parole. Le chant accompagne les questions des origines de l’homme dans le cosmos: « Où étais-tu quand je fondais la terre?…alors que les étoiles du matin éclataient en chants d’allégresse et que tous les fils de Dieu poussaient des cris de joie ? (Job 38.4)

C’est pourquoi les historiens, et pas seulement les spécialistes de l’Ecriture, ont montré le rôle essentiel que le chant et la musique ont joué dans la vie d’Israël, aux temps bibliques comme dans les siècles qui ont suivi. Les vingt siècles de christianisme auraient-ils d’ailleurs vu naître autant de productions musicales religieuses puis profanes sans cette matrice initiale et sans cette inspiration de génie?

Pendant longtemps, les biblistes ont été intrigués par de petits signes accompagnant les lettres hébraïques sur les parchemins sacrés. Puis on a compris que ces sortes d’accents étaient en fait des repères pour la cantilation des textes pendant le culte, et qu’on avait là des traces écrites de la musique exécutée au Temple de Jérusalem avant sa destruction par les Romains en l’an 70 de notre ère.

Des recherches récentes ont abouti à la conclusion que ces signes placés sous les lettres du texte biblique correspondent à ce que nous appelons une gamme. En effet, toute la Bible était chantée, et des spécialistes ont réussi à en reconstituer les mélodies, à partir de l’échelle lydienne à 8 sons.

Ainsi, ces signes graphiques sont la symbolisation de gestes accompagnant le chant, comme on peut en reconnaître sur les fresques des tombeaux égyptiens où l’on voit des « chironomes » assis devant les musiciens de Pharaon et leur indiquant gestuellement les notes du chant sacré.

Dans le texte de 2 Chroniques 35.15, il est précisé que David lui-même dirigeait le chant de ses propres mains. Sous son règne, la musique liturgique en l’honneur de Yahvé était confiée à trois chefs de chantres exerçant eux-mêmes sous la direction du roi (1 Chr. 25.2,3,4,7). Les trois chœurs ne comptaient pas moins de 4000 membres! Cette formidable organisation du chant s’est poursuivie avec Salomon lors de grandes cérémonies au sanctuaire.

De ce fait, des générations de chantres consacrés se sont donc transmis fidèlement ces traditions musicales sacerdotales, et c’est bien la musique même du Temple de Jérusalem qui nous est ainsi restituée. La cantilation des textes remonte sans aucun doute à l’époque de l’Exode, c’est à dire il y a environ 3300 ans. C’est alors que le Pentateuque marqué de l’empreinte lumineuse de Moïse fut remis solennellement aux lévites (Deutéronome 31.9) afin qu’ils le lisent régulièrement au peuple sous forme de cantilation.

On distingue trois sortes de chant aux temps bibliques :

  • le chant responsorial psalmodié,
  • le chant antiphoné,
  • la cantilation.

Pour le premier cas, deux chœurs chantaient en alternance, et, dans le second, un chœur (ou l’assemblée) répondait à un soliste (1 Samuel 21.12; 28.6; 29.5) La partie féminine du chœur chantait la même mélodie que les hommes, mais une octave plus haut.

Après le retour d’exil des déportés à Babylone, lors de la dédicace des nouvelles murailles de Jérusalem, Néhémie constitua deux chœurs qui interprétèrent de magnifiques cantiques accompagnés de cymbales, de luths, de cithares et de harpes. Il existe d’autres exemples de chœurs antiphonés dans Esdras 3.10.

La musique pouvait aussi accompagner l’activité publique des prophètes:  ils jouaient sur des luths, des harpes, des tambourins pour personnaliser leur message (Samuel 10.5). Elisée demanda un jour qu’on lui amène un joueur de harpe pour exprimer ce que Dieu lui inspirait. Jérémie exécuta une complainte composée spécialement pour le roi Osias (2 Chroniques 35.25)

Les psaumes étant la prière quotidienne courante adaptée à toutes les circonstances de la vie, ces chants religieux accompagnés à la lyre étaient exécutés à la maison, au Temple, ou à la synagogue, dans le cadre de liturgies et de festivités. Ils traduisent toujours une expression de foi simple et profonde, qui va du cri de détresse à la joyeuse reconnaissance envers Dieu.

Dans les écrits du Nouveau Testament, le récit de la vie de Jésus s’ouvre également par des chants: le Magnificat, cantique de Marie confiante dans l’attente du sauveur; le Gloire à Dieu à Bethléhem, annonçant le shalom biblique sur terre ; le cantique d’Anne et de Syméon lors de leur providentielle rencontre avec Jésus au Temple de Jérusalem.

Jésus, élevé dans une foi fervente, s’est associé avec sa com-munauté à la louange du Dieu d’Israël à travers les psaumes, au Temple ou à la synagogue. En tant que membre d’une nation de prêtres, sa voix a aussi célébré des passages de la Torah. Pendant le dernier repas pascal partagé avec ses disciples pour commémorer la Pâque et instituer l’eucharistie, Jésus a chanté la louange de Dieu avec ses amis, avant de partir pour le Mont des Oliviers.

Le chant des premiers chrétiens s’est donc lui-même forcément développé dans cette continuité de la tradition synagogale. L’apôtre Paul, d’éducation pharisienne observante, est même allé jusqu’à chanter alors qu’il avait été emprisonné dans la ville de Philippes. Dans ses épîtres, il demandait à ses fidèles de donner en toutes circonstances libre cours à des cantiques et à des hymnes. (Ephésiens 5.17)

De cette tradition musicale hébraïque poursuivie et développée par les chrétiens a surgi le chant monodique qui s’est développé au Moyen-Age, ainsi que le répertoire grégorien, apparenté aux piyoutim (poésies religieuses juives cantilées). Les psalmodies ornées de la synagogue avaient en effet préparé le terrain à ce que la liturgie catholique et orthodoxe appellerait antiennes, graduel, trait, selon des modes monodiques ou polyphoniques propres à des époques et des lieux différents. Au moment de la Réforme protestante, de splendides œuvres musicales comme celles de Goudimel se sont directement inspirées des psaumes, mêlant amour de la Bible et expressivité spirituelle.

En son temps, le Pape Jean Paul II avait offert à ses visiteurs du mercredi une méditation sur le psaume 150. Soulignant que le psautier est commun aux juifs et aux chrétiens, il citait les manuscrits juifs reproduisant ce psaume avec une illustration de la menorah, le célèbre chandelier à sept branches placé dans le saint des saints au Temple de Jérusalem.

Le pape y discernait un « véritable AMEN dans la prière de toujours de nos frères aînés » et il rappelait que c’est cette même foi au Dieu d’Abraham, de Moïse et des prophètes d’Israël qui irrigue la prière chantée des chrétiens du nouveau millénaire.

Le chant étant à la fois une affaire de chœur et de cœur, c’est un espace artistique et créateur de relations humaines de qualité qui s’ouvre à nous…

Toute la vie des hommes est effectivement appelée à devenir chant de louange, et ainsi à s’associer à la création, dont le souffle de vie rend grâce à Dieu par le chant mystérieux des êtres vivants, au rythme silencieux du temps qui passe.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

Le coût de la panique

C’était il y a une vingtaine de mois : alors qu’une désorganisation catastrophique gagnait les hôpitaux de l’Italie du Nord puis de certaines régions françaises, le président français décidait de boucler le pays unilatéralement et ce, après plusieurs jours d’une attitude diamétralement opposée.

Ainsi, en mars 2020, le pouvoir politique français décidait de céder clairement à la panique qui s’emparait rapidement de toute l’Europe. Et si l’on peut charitablement accorder quelques semaines d’agitation politique à ce sujet lors de la première vague qui engorgea quelques services hospitaliers français, le choix de continuer dans la fuite en avant paniquée fut, lui, délibéré : c’était « la guerre » comme l’expliqua alors Macron avec sa dégoulinante grandiloquence habituelle pour justifier l’empilement frénétique de mesures liberticides depuis lors.

Et non seulement ce choix de la panique attentatoire aux libertés les plus fondamentales fut bien délibéré, en plus sait-on qu’il n’était pas le meilleur ni au moment même (la Suède l’a montré), ni avec le recul.

Cependant, choisir la panique a un coût, énorme.

Et ce coût, nous nous apprêtons à le payer, jusqu’au dernier centime, sur tous les plans où il aura été porté.

Sur le plan économique

Nous allons devoir payer fort cher les multiples ruptures des chaînes logistiques entraînées par les fermetures souvent intempestives de frontières commerciales, les interdictions de travail, les régulations sanitaires bien trop exigeantes, et le renvoi chez eux de millions de travailleurs pendant de longues périodes. Tout ceci se traduit par des surcoûts qu’il va bien falloir éponger. L’inflation est déjà visible et les chiffres minuscules annoncés par les sources officielles (4.1%) montrent déjà un décalage inquiétant avec la réalité.

De la même façon, le choix par différents gouvernements – français inclus – de distribuer de l’argent et des facilités fiscales aux individus et aux entreprises revient à une véritable création monétaire ex nihilo. Celle-ci ne peut aboutir qu’à créer de l’inflation qui s’ajoute à celle déjà naturellement produite par la désorganisation massive provoquées par des décisions politiques de plus en plus consternantes.

Et que cette inflation soit transitoire ou non, elle va se traduire encore une fois par du chômage et de nouvelles bulles d’allocations foireuses de capitaux.

Sur le plan social

Les choix de mettre en place des confinements plus ou moins stricts, des couvre-feux, puis des pass sanitaires, d’imposer des fermetures de certains commerces, de certaines activités avec un fort relent d’arbitraire incompréhensible, tout ceci aura largement attisé les tensions dans tous les corps sociaux. La pression sociale instaurée par des vaccins covidentiels aura ajouté à ces tensions jusque dans les familles et entre amis ou membres de mêmes groupes d’intérêts, associatifs, sportifs ou autres.

Là encore, il est impossible de ne pas voir le coût immense que ces tensions vont faire peser sur chaque individu. Les frictions engendrées se traduisent directement par des accumulations d’autres coûts, depuis les évidents problèmes économiques engendrés jusqu’aux effets sanitaires, palpables et déjà visibles dans l’augmentation des suicides et des dépressions.

Sur le plan démocratique

La même panique et l’urgence à agir, à s’agiter, à courir dans tous les sens furent sans surprise les raisons impérieuses pour tailler largement dans les libertés essentielles : liberté de se déplacer, d’abord d’un pays à l’autre (et ce même au sein de l’Europe) puis jusqu’au confinement imposant une petite humiliation auto-signée pour ceux qui désiraient simplement prendre l’air, égalité en droit bafouée avec la ségrégation actée dans le pass sanitaire, habilement vendu comme un privilège que de trop nombreux aigris s’empressèrent d’adouber de leur enthousiasme (avant de se faire rattraper par l’accumulation de doses supplémentaires), liberté d’expression enfin qu’on découpe progressivement en petits morceaux par le biais de la pression sociale, de l’autocensure ou des puissants filtres sur les réseaux sociaux et dans tous les médias.

Pendant ce temps, les faits ont montré que les deux chambres parlementaires ou le Conseil constitutionnel ne sont plus que des prétextes pour l’illusion démocratique.

La panique organisée a bien servi : il n’y a plus d’opposition, le retour à une vie démocratique et sociale normale est enterré.

Et même sur le plan sanitaire…

… La panique choisie et instaurée s’est là aussi traduite par des coûts immenses, notamment avec l’abandon de lucidité d’une part croissante de la population, psychologiquement épuisée par les messages débiles, contradictoires et scandaleux dont le pouvoir la bombarde sans arrêt.

Ainsi, aucun précédent vaccin (diphtérie, polio, coqueluche, rougeole, etc,.) n’imposait, malgré la contagiosité des maladies qu’il protège, le port continu du masque, le respect de distances sociales a fortiori lorsqu’on est vacciné. Au contraire des vaccins précédents, les actuelles thérapies n’empêchent en rien ni contraction ni dissémination du virus, ce que tout le monde semble accepter sans ciller. Trop de monde trouve parfaitement normal l’empilement parfaitement obscène d’incitations à se faire vacciner, alors qu’aucun précédent vaccin ne semblait réclamer une telle débauche de pression sociale, de publicité et de distribution de gâteries pour justifier leur usage, le tout pour une maladie dont la létalité est si faible qu’il faut manipuler les fractions de pourcent et qui, de surcroît, ne touche très majoritairement qu’une population déjà vieille et affaiblie…

Au final, une facture très salée

Cette panique initiale, déclenchant tout le reste, affiche maintenant une facture inouïe, invraisemblable. Humainement, les décisions prises sont déjà en train de se traduire par des morts et l’exemple diamétralement opposé de la Suède montre clairement que ces morts seront bien plus nombreux que ceux provoqués par la maladie elle-même.

Et après deux ans, deux confinements et trois doses de vaccins (bientôt quatre ?) le masque est toujours imposé, les tests aussi et le but de ne pas encombrer les hôpitaux semble figé dans une réalité complètement décalée.

Tout va bien, ne changez rien, la suite va vous surprendre. Ou pas.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © H16. Publié avec l’aimable autorisation de l’auteur (son site)

18/11/2021

La solution finale de la question de l’église en France

L’Allemagne paiera !

Par Bernard Hawadier pour le site Boulevard Voltaire

Les décisions des évêques de France en vue d’indemniser les victimes d’abus sexuels semblent bien accueillies.

Les réparations de ces ignominies qui doivent être à la mesure des fautes morales commises soulèvent des interrogations.

L’argent peut-il tout réparer ? L’Église, dont le champ d’action est spirituel et moral, n’est-elle pas en mesure d’offrir autre chose ? Serait-elle à ce point coupable et discréditée qu’elle, l’experte en humanité, en charité, elle, le corps mystique du Dieu d’amour, ne puisse rien proposer d’autre que de l’argent ?

Une fois que l’on a dit cela, les chèques étant indispensables, le problème est de savoir quelle est la nature de la responsabilité de la hiérarchie et comment il est possible de mettre en place une indemnisation financière.

En droit français, celui qui doit indemniser doit préalablement être responsable. Une personne physique ou morale est responsable des actes qu’elle commet et, dans certains cas, du fait d’autrui. La responsabilité pour autrui est celle des commettants du dommage causé par leurs préposés dans les fonctions auxquelles ils les ont employés. Il faut un lien de préposition et l’absence d’abus de fonction de la part du préposé.

Dans ces conditions, l’Église est-elle responsable des préjudices causés par les crimes de ses prêtres ?

Sur le plan juridique, l’Église n’existe pas. Il n’y a que des diocèses, en fait des associations diocésaines propriétaires d’un certain nombre de biens. Quant à la paroisse, elle n’est pas dotée de la personnalité morale. Elle est un établissement particulier de l’association civile diocésaine.

Ainsi, seules les associations diocésaines ont la personnalité morale et pourraient voir leur responsabilité être recherchée.

Le prêtre n’est juridiquement pas l’Église. Le contrat qui se conclut avec son évêque au moment de son ordination s’analyse en un contrat synallagmatique source d’obligations réciproques mais pas en un contrat de travail.

Ce contrat ne peut être assimilé à un contrat de salariat ou de louage de service, car il serait alors nul puisqu’il consacrerait un engagement à vie alors qu’on ne peut louer ses services qu’à temps. Il n’y a, de toute façon, pas de lien de subordination au sens du droit français.

Les associations diocésaines ne sont donc pas responsables des actes des prêtres.

Obligation morale oui. Obligation juridique non.

Les évêques ont souscrit une obligation naturelle, morale, de procéder à l’indemnisation des victimes des actes commis par les prêtres à laquelle ils n’étaient pas contraints.

Mais une vraie difficulté se pose eu égard au fait que, pour procéder à cette indemnisation, les évêques vont devoir disposer des biens des associations diocésaines qui ne proviennent, en réalité, que de l’argent des paroissiens et, plus généralement, des donateurs.

Or, il ne fait aucun doute qu’à aucun moment ni les donateurs ni les paroissiens n’ont entendu que leur argent, librement donné, soit utilisé à cette fin.

Lorsque les évêques de France décident, en assemblée générale, d’organiser une procédure d’indemnisation et de le faire au moyen des biens des associations diocésaines ou de prêts qui devront ensuite être remboursés, ils utilisent des actifs à d’autres fins que le culte divin ; ce culte qui a justement été profané par certains prêtres dont il s’agit de réparer les errements ! Comment peut-on faire supporter aux paroissiens les agissements de clercs défaillants ? Au nom d’une responsabilité collective qui leur est étrangère ? Pourquoi priver les fidèles des ressources nécessaires au culte pour lequel ils consentent déjà tant de sacrifices ? Cela ressemble à une double peine…

La proportion de pédophiles est la même dans l’église, l’école ou la colonie de vacances pour n’en citer que trois parmi d’autres. Mais comme il y a énormément plus d’écoliers que de catéchistes, il y a forcément plus de cas de pédophilie commis dans l’école que dans l’église.

En appliquant le même principe de réparation financière, il faudrait vendre des milliers d’écoles pour indemniser les victimes. Ce serait une double peine pour les contribuables et les parents d’élèves. Qu’il soit appliqué à l’église ou à l’école, ce principe de réparation financière est une absurdité. La France est devenue un Absurdistan avec les progressistes.

La profession journalistique et la magistrature qui sont très orientées sur un plan idéologique n’enquêteront jamais sur les cas de pédophilie commis dans les écoles publiques. C’est toujours le deux poids, deux mesures dans une république anticléricale depuis sa fondation après la défaite de notre armée impériale à la bataille de Sedan le 1 septembre 1870.

Rappel historique

Le principe de réparation financière a été appliqué une fois dans l’histoire. Ce fut lors du traité de Versailles du 28 juin 1919. « L’Allemagne paiera! » était la revendication majeure du gouvernement français de Georges Clemenceau qui fut entérinée par les Alliés. Cela entraîna l’hyper-inflation qui ruina l’Allemagne entre les années 1921 et 1924.

Ce traité humiliant pour le vaincu favorisa l’émergence du revanchisme incarné par Die Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei (NSDAP). Ce petit parti socialiste des travailleurs allemands se dota d’un chef charismatique qui s’appelait Adolph Hitler. On connaît la suite.

« Ils n’ont rien appris ni rien oublié,  » disait Talleyrand à propos du retour des nobles à la restauration de la monarchie en France en 1815.

Cette phrase célèbre s’applique aussi bien aux républicains de la III République qu’à ceux de la V république qui n’en démordent pas de liquider l’église après un siècle de sapement de ses fondations depuis la loi de 1905 pudiquement dénommée « séparation des Eglises et de l’Etat. » La franc-maçonnerie qui était un appendice de la république s’engagea totalement contre « l’obscurantisme religieux » et afficha sa volonté inébranlable d’en finir avec le cléricalisme.

Il y a un autre parallèle historique inquiétant à propos de ce terme pudique de « séparation des Eglises et de l’Etat. » Ce fut lors de la conférence secrète de Wannsee près de Berlin, le 20 janvier 1942, à propos de la « solution finale de la question juive. » Sous cette anodine question se cachait le génocide planifié du peuple élu de Dieu.

S’il ne reste plus que 1.5% de pratiquants en France, c’est encore trop pour la franc-maçonnerie qui a ses ramifications au plus haut niveau de l’Etat. Le principe de réparation financière de 2021 donne le coup de grâce à l’église comme la conférence de Wannsee le fit aux juifs en 1942.

J’en pleure de rage et de désespoir que cette solution finale déguisée soit si bien acceptée par l’opinion publique. Les Français sont aussi abrutis par la propagande que la mère de Harrison Bergeron dans la nouvelle de Kurt Vonnegut à qui j’ai consacré deux articles cet automne.

Pauvre France qui était naguère surnommée « la fille aînée de l’Eglise » !

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Bernard Martoia pour Dreuz.info.

Le blé, matière première dans le monde, a augmenté de 55% en un an seulement

Quand on se souvient que, dans les prisons à l’époque de nos rois ou pour nous punir il n’y a pas si longtemps, on nous menaçait de pain sec et d’eau pour tout repas, cela risque de devenir un luxe interdit.

Nous devons nous souvenir, aussi, que le soulèvement des Français, en 1789, est la conséquence du prix élevé du pain qu’ils ne pouvaient plus acheter.

Bien sûr, nous pouvons dire que pareille chose ne peut plus arriver aujourd’hui et pourtant…

Les prix du blé s’élèvent à 300€ la tonne aujourd’hui. La tonne de blé dur (pour les pâtes) a augmenté de 60% et varie entre 500 et 600 $ la tonne.

Cet aliment est indispensable à un tiers de la population mondiale qui représente aujourd’hui 7 milliards 700 millions d’habitants

Comment vont se nourrir les habitants des pays sous-développés ou même en voie de développement ? Ils ont un besoin urgent de nourrir leurs populations qui ne cessent d’augmenter.

Nous connaissons depuis quelques années une invasion – le mot n’est pas trop fort – d’Africains de toutes origines, de Moyen-Orientaux et même des pays européens de l’ancien bloc de l’Est comme les Roms ou les Biélorusses qui s’exilent vers les pays devenus un peu plus riches de cette Union Européenne qui n’unit personne.

Si, en Europe même, les gens bougent, se déplacent, déménagent pour trouver à vivre mieux que chez eux, qu’en sera-t-il lorsqu’ils ne pourront plus manger à leur faim ?

La France est cependant très mal placée pour jouer les hôtes généreux.

En seulement un an, elle a perdu ses parts de marché en Europe. Sa politique agricole s’est effondrée au point d’avoir eu, l’an dernier, un déficit de 84 millions € pour le seul marché européen. Et si nous sommes excédentaires de huit milliards ce n’est pas parce que nous avons produit plus mais tout bonnement parce que nous n’avons pas vendu.

Cette année, la France accuse un déficit de ses exportations (en général) de quelque 64 milliards € pour le seul mois d’août 2021.

Il y a un moment déjà, que l’on nous prédisait un crash similaire à 2008, c’était pour fin 2019 ou début 2020 selon les experts financiers. Mais le Covid aidant, plus personne ne s’est préoccupé de la bonne santé des marchés et ne comptait plus qu’en morts du covid et en vaccins panacée.

Ce 9 novembre, lors de son allocution, le président de la France, informé de la situation agricole et financière de notre pays, a-t-il mentionné que les Français allaient subir des fins de mois plus difficiles ?

S’est-il inquiété de les informer que toutes les personnes qui entraient dans notre pays illégalement et qu’il nourrissait, logeait, blanchissait, allaient plomber encore un peu plus notre économie, sachant que l’État ne vit que de nos seuls impôts.

A-t-il, seulement, envisagé une solution réelle à l’inflation gigantesque que nous subissons, sauf à promettre un billet de 100 euros pour 38 millions de personnes plutôt que de réduire les taxes qui plombent le pouvoir d’achat des Français.

Car, aujourd’hui, il ne s’agit plus seulement de l’augmentation exponentielle du carburant qui se répercute, par le transport, sur tous les produits du marché, non, aujourd’hui nous savons que le prix du blé devient prohibitif et que la France ne peut en produire plus puisqu’elle est déjà excédentaire, ayant perdu son leadership en Europe.

La France vit des temps très difficiles.

Son industrie a disparu. Son agriculture, fleuron de la France en Europe, est en déficit permanent. Les hôpitaux ferment simplement ou réduisent leurs nombres de lits. Les commerces qui n’ont pas fermé pendant la crise Covid ou qui ont pu réouvrir se battent pour maintenir une clientèle qui, désormais, se voit refuser l’accès à certains établissements pour faute d’une vaccination devenue obligatoire.

Et, malgré tous ces phénomènes parlants, aujourd’hui, seule cette funeste campagne électorale pour la présidentielle, retient l’attention des sangsues qui revendiquent le pouvoir.

La France est-elle en voie de perdition ? Certainement.

Son commandant de bord a perdu la boussole. Les Français seront-ils les prochains Naufragés de la Méduse ?

Il n’empêche que, aujourd’hui, sonne le glas pour des millions d’êtres humains que, peut-être, menace la famine.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Danièle Lopez pour Dreuz.info.

17/11/2021

La fiction Andalouse de la merveilleuse entente entre les trois religions

Les islamophiles se plaisent à évoquer un âge d’or emblématique, celui de l’Andalousie, pendant lequel, disent-ils, les trois religions dites monothéistes ou abrahamiques s’entendaient parfaitement…

Cette envolée lyrique dans le but d’exalter la tolérance de l’islam, alors occupant du territoire espagnol, et de marteler que la coexistence est consubstantielle à la religion de Mahomet.

En Andalousie, on aurait donc eu affaire à l’islam ouvert et tolérant, c’est-à-dire l’islam véritable, rien à voir avec celui des islamistes. Par conséquent, l’Andalousie démontre que le multiculturalisme est possible et même souhaitable. Sur ces postulats s’appuie l’idée que l’islam andalou est un modèle, car il serait la révélation d’une symbiose avec ce que les musulmans appellent « les religions du Livre », juifs et chrétiens. A partir de là s’élabore le projet d’une Europe où les cultures occidentales et islamiques sont appelées à coexister dans la paix.

Cet enthousiasme voulant ignorer par idéologie les réalités historiques de l’Espagne islamisée prétendra même que cette mixité culturelle a permis la promotion des pensées culturelles et scientifiques à la base de la civilisation moderne.

A Bruxelles, en 1992, l’avocat juif Samuel Pisar représentatif de nombreux intellectuels européens, s’extasiait publiquement sur les bienfaits de l’islam andalou : « L’édit promulgué à Grenade en 1492 brisa l’exceptionnelle symbiose entre juifs, chrétiens et musulmans dans la péninsule ibérique. L’âge d’or espagnol demeure gravé dans notre mémoire collective. Le pays était un rare foyer de tolérance. Dans les synagogues, les églises et les mosquées, les habitants étaient libres d’adorer Dieu sous toutes ses révélations. Les communautés qui partageaient le patrimoine spirituel d’Abraham engendrèrent ensemble la culture la plus féconde de l’Europe médiévale ».

A l’inverse, depuis quelque temps, des universitaires et des historiens chercheurs ont réuni des éléments mettant en doute cette présentation idyllique. La conquête du pays fut loin d’être pacifique. Comme le dit Joseph Peretz, professeur à l’université de Bordeaux, « Il faut renoncer au mythe de l’Espagne accueillante et tolérante. La prospérité juive, la bonne intelligence des trois cultures qui marquèrent le 10ème siècle ne furent possibles que grâce au laxisme et à la négligence arabe et ne sont donc pas le résultat d’une politique délibérée d’ouverture et de tolérance. C’est de toutes façons une situation précaire qui dépendait de l’arbitraire des souverains musulmans ».

C’est une analyse confirmée par Eliahou Ashtor, professeur d’histoire musulmane à l’université de Jérusalem, pour lequel il est vrai que le califat a atteint l’apogée de la civilisation arabe en Europe. C’est le fait des califes de Cordoue qui ont exploité les compétences des juifs et des chrétiens en attirant les savants, les artistes et les poètes. Ils ont dû leur manifester une relative tolérance, souvent violemment remise en cause par leurs sujets révoltés par cette attitude de rupture avec les injonctions coraniques envers les infidèles. Ce sentiment religieux reprit le dessus sur la facilité de la vie et se radicalisa lorsqu’arrivèrent les Almohades et les Almohavides qui mirent fin à ce prétendu siècle d’or. Sentant s’accentuer la pression des chrétiens du nord pour reconquérir El Andalous, les musulmans avaient fait appel à ces fanatiques présents en Afrique du Nord. Leur arrivée s’accompagna d’émeutes anti-juives, et ils décidèrent d’obliger les dhimmis à se convertir sous peine de mort.

Les rois chrétiens, comme Alphonse X le Sage, accueillirent à bras ouverts les juifs chassés d’El Andalous, et ce, au moins jusqu’à  l’édit d’expulsion de 1492. Dans l’ancien quartier juif de Cordoue s’élève une statue de Maïmonide comme symbole de la tolérance islamique, alors que le philosophe juif fut contraint de se convertir à l’islam pour survivre, et obligé de s’exiler pour pratiquer la religion de ses pères.

Joseph Peretz précise : « Dans l’Al Andalous, Juifs et chrétiens étaient soumis à des lourdes taxes et à des discriminations civiles et juridiques. Les juifs qui occupaient de hautes fonctions bien rémunérées étaient soumis à la vindicte populaire, car il n’était pas tolérable que des non musulmans aient une situation supérieure à des musulmans, selon les lois de la dhimma.

Selon une directrice de recherche au CNRS, c’est seulement au 19ème s. que les Européens furent fascinés par la mythique Andalousie. Or on ne peut considérer la Cordoue du 10ème s. comme l’exemple de l’islam médiéval. A cette époque, les dhimmis représentent 60% de la population d’El Andalous. Mais ils ne sont plus que 20% à la fin du 10ème s.  Rares furent les périodes de paix sociale dans cette société multiculturelle hétérogène.  Les juristes musulmans d’obédience malikite imposèrent une législation très contraignante. La califat a eu ses moments de splendeur et a suscité un essor contrasté durant un siècle. Pierre Guichard, professeur d’histoire médiévale à l’université de Lyon, écrit : « Le califat de Cordoue, considéré comme l’exemple idéal de coexistence pacifique entre différentes cultures et religions, fut mythifié à l’excès ».

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.