21/01/2016

Peut-on exiger qu’un conseiller municipal de la Ville de Genève réfléchisse avant de voter?

Poser la question c'est déjà y répondre, dirait-on. Or, une partie de la droite ne semble pas partager cet avis. Lors du vote de la pétition «Pour une véritable politique sociale à la Gérance immobilière municipale», le PDC et le PLR s’étaient trompés de bouton. Au lieu de classer la pétition, les deux partis ont rejoint la gauche et l’ont renvoyée au Conseil administratif.


A peine le résultat connu qu’ils ont réclamé l’annulation du vote suivi d’un nouveau vote. Petit problème: le Règlement du conseil municipal ne prévoit nulle part une telle annulation. Le législateur a visiblement trouvé inconcevable que les élus du peuple soient incapables de saisir l’objet d’un vote et d’exprimer leur volonté correctement en appuyant sur le bon bouton. Le Président Carlos Medeiros, après une interruption de cinq minutes pour consulter le bureau, a donc logiquement validé le vote.

Le PLR aussi peu que le PDC n’ont voulu reconnaître leur erreur. Tout au contraire, ils ont attaqué le bureau qui avait refusé de s’asseoir sur le règlement. Ce comportement ne peut qu’étonner de la part de partis dits gouvernementaux. A moins que ce soit usuel pour eux de faire fi des lois et règlements qu’ils ont eux-mêmes votés.

Les arbres de la forêt

20/01/2016

Le Conseil municipal met un terme aux agitations de la gauche

Au lieu de s’interroger publiquement sur leur responsabilité, en ayant brandi la menace de manifestations et de suites du vote sur le budget dans la rue et en ayant ainsi indirectement favorisé les dégâts du saccage de la ville dans la nuit du 19 au 20 décembre 2015, la grande majorité de la gauche ne s’est pas gênée d’attaquer le Président du Conseil municipal dans une résolution avec demande d'urgence déposée hier. Ayant lui-même subi des dégâts importants, il s’était emporté en tant que victime des casseurs et en dehors de tout contexte politique.


La même gauche s’étant par ailleurs déjà adressée, sans succès, au Président du Conseil d’Etat avait de la peine à digérer sa défaite. Loin de condamner l’attitude de Carlos Medeiros, François Longchamp avait tout de même profité de cet incident pour déplorer que «la forme du débat politique ne reflète pas le respect et la considération qui s'imposent dans les relations entre les uns et les autres, voire tombe dans la vulgarité», en ajoutant que «de tels échanges portent préjudice à la réputation de nos institutions et de l'ensemble des élus qui en sont respectueux.» Plusieurs conseillers municipaux de la gauche, mais aussi du MCG, peuvent donc se sentir concernés.

La majorité responsable a donné à la demande d’urgence la suite qu’elle méritait, en la refusant nettement. A noter que deux membres d’Ensemble à gauche se sont démarqués de l’attitude égoïste de leurs camarades. L’un deux, Pierre Gauthier, avait d’ailleurs déjà expliqué sa position sur son blog. Dommage que les concernés n’aient pas suivi ses sages conseils!


Pierre Gauthier

18/01/2016

La Ville expose sa maquette

Du 20 janvier au 28 mai 2016, la Ville de Genève dévoilera sa maquette dans son entier, soit tous les quartiers en 145 modules, ce qui équivaut à un terrain d’environ 16km².

Le vernissage de cette troisième phase de l’exposition de la maquette de la Ville de Genève a eu lieu ce lundi 18 janvier 2016. La maquette n’est pas seulement un modèle fidèle de la Ville de Genève d’aujourd’hui, mais elle a déjà intégré le site des Vernets comme il se présentera après la réalisation du projet de 1’500 logements en remplacement de la caserne.


Affiche La maquette de la Ville de Genève

Vue sur la maquette

16/01/2016

Goebbels le trouvait trop brutal (fin)

Alfred Court avait déjà subi une attaque de sept tigres contre deux dompteurs, attaque qui avait coûté la vie à son collègue Mollier, lorsqu'il s'est produit au « Wintergarten » de Berlin, à l'époque le music-hall le plus côté de l'Europe, selon lui. Son directeur Schuck lui a dit : « Pour vos débuts, je vous annonce des spectateurs de choix : le Führer, Goering et Goebbels ». Cependant Hitler ne venait pas.
 Court se rappelle :

« Avant le souper organisé par le Wintergarten, Schuck me présenta à Goering et à Goebbels, et nous échangeâmes quelques mots de politesse. Entendant mon accent qui, je le concède, n'a rien de berlinois, Goebbels me demanda : « De quelle nationalité êtes-vous ? » Je répondis : « Franzose » et il eut une sorte de sourire assez méprisant. Goering lui, ne fit pas la moue, me félicita chaleureusement et s'excusa de ne pouvoir rester davantage. »

C'est finalement lors du souper qui suivait le spectacle qu'Alfred Court a entendu dire Goebbels qu'il le trouvait trop brutal avec les animaux, contrairement aux dompteurs allemands et que c'était probablement une question de race et d'atavisme. Et puis, s'adressant à Alfred Court directement, Goebbels poursuivit :

« J'ai vu, chez Sarrassani, un de nos dompteurs, Havemann, qui travaille sans fouet, avec une simple canne. Ne pourriez-vous faire de même ? Il me semble que ce serait plus humain !

Je lui exposai que ce qui était possible avec un petit groupe d'animaux de même espèce ne l'est pas avec un groupe mixte où toutes les races de fauves sont mélangées. Aussitôt il enchaîna, comme s'il parlait devant le micro : 'Havemann n'a que des lions. Voilà la vraie solution ! Une seule race, c'est toujours préférable ! Regardez chez nous, il n'y a qu'une race : les Allemands. Vous voyez comment cela marche en Allemagne ! S'il n'y avait au monde qu'une race, il n'y aurait pas de guerre.' »

Folie, quand tu nous tiens !

Un lion mâle

"Ngorongoro Crater, Tanzania (2288742082)" by Joachim Huber. Licensed under CC BY-SA 2.0 via Wikimedia Commons - https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Ngorongoro_Crater,_Tanzania_(2288742082).jpg#/media/File:Ngorongoro_Crater,_Tanzania_(2288742082).jpg

15/01/2016

Goebbels le trouvait trop brutal (2)

Alfred Court a accepté les excuses de son dompteur Sam avec la promesse qu’une telle situation ne se répéterait plus. Le fait qu’il n’avait pas trouvé de remplaçant y avait-t-il joué un rôle ? Toujours est-il que, se disant « qui a bu boira », il a commençé à observer le travail avec les lions.

Le lendemain, Sam l’invita à le rejoindre dans la cage durant la répétition et Alfred Court accepta Même pas une semaine plus tard, le dompteur était encore ivre et fut donc congédié. Alfred Court acheta son costume et les lions. Il mit le costume et appela les lions qui semblaient croire être en face de Sam.

Les lions avaient l’air de ne pas remarquer la chair de poule d’Alfred Court et faire tout seul leur spectacle jusqu’au moment où Néron, le plus féroce des quatre lions, après un saut, aurait dû regagner sa place.

Court raconte : « Perplexe, je m'approchai du bord de la cage pour essuyer ma figure ruisselante de sueur et Johny, le garçon de Sam, eut l'esprit de me dire si vous voulez que Néron descende, je crois qu'il faut lui donner un léger coup de fouet sur, les fesses...

Je n'avais jamais remarqué, que Sam en usât ainsi, sauf à la fin du numéro. Que faire ? J'étais dans la danse, il fallait danser. Je repris donc ma position et, en même temps que je criais le commandement, j'essayai de donner à Néron un coup de fouet ... je le manquai. Deuxième essai, je le manquai encore ... Néron, là-haut, rugissait toujours. Je ne l'avais jamais entendu grogner aussi fort. Je finis par perdre mon sang-froid. et, m'approchant plus près, un peu trop près cette fois, lui décochai un violent coup de fouet. D'un seul bond, renversant la pyramide, Néron sauta et traversa la piste au galop je fis de même en sens opposé... Il ne s'occupa nullement de moi. Mais, rugissant à faire trembler les toiles, il alla s'asseoir sur son tabouret.

Ouf ! je ramassai la lourde pyramide, surveillant mon gaillard du coin de l’œil. Ses énormes pattes tremblaient. Comme un éclair une pensée me traversa l'esprit : dans ce métier, quelqu'un doit avoir peur, les lions ou le dompteur. Il vaut mieux que ce soient les lions ! J'avais trouvé la ‘clef‘. »


Deux lions en train de manger un buffle

"Male Lion and Cub Chitwa South Africa Luca Galuzzi 2004" by Luca Galuzzi (Lucag) - Photo taken by (Luca Galuzzi) * http://www.galuzzi.it. Licensed under CC BY-SA 2.5 via Wikimedia Commons - https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Male_Lion_and_Cub_Chitwa_South_Africa_Luca_Galuzzi_2004.JPG#/media/File:Male_Lion_and_Cub_Chitwa_South_Africa_Luca_Galuzzi_2004.JPG

13/01/2016

Goebbels le trouvait trop brutal

Le quotidien Le Temps d'aujourd'hui nous apprend que Die Weltwoche s'était intéressé à Hermann Göring à cause d'une biographie que son rédacteur en chef avait lu récemment. J'avais moi-même mentionné Göring dans un article écrit en 2011 et que je reproduis à présent:
Pour rédiger un texte, il est toujours bon de savoir ce que les autres écrivent et comment ils le font. Je tombe ainsi sur les mémoires d'Alfred Court intitulées « La cage aux fauves ».
Il y décrit comment il était devenu dompteur, à 35 ans. Il était alors directeur de cirque lorsque, durant l'entracte, on était venu lui souffler à l'oreille que Sam, le dompteur, était ivre mort. Il a découvert peu après des morceaux de viande : le repas que les lions avaient l'habitude de recevoir après le spectacle. Il a immédiatement pris la décision de la leur donner sous le chapiteau.

Les lions entrèrent dans la cage, circonspects. Découvrant la viande, ils se jetèrent dessus et se livrèrent à une bataille forcenée, rugissant, lâchant et reprenant à tour de rôle une pièce de viande, les poils de leur crinière noire volant en l'air par paquets !

Court poursuit : « L'un d'eux, la viande dans la gueule, fit un bond fantastique, presque jusqu'au haut de la cage. Il y eut un cri dans la salle, un commencement de panique, mais qui fut de courte durée. L'autre lion, suivant de près son antagoniste, lui sauta dessus, lui mordit la queue à pleines dents et tous deux retombèrent lourdement dans l'arène. La cage centrale chancela et je crus qu'elle allait se plier en portefeuille ; enfin, après cinq minutes de lutte farouche, chacun, ayant finalement sa part, la dévora à belles dents. Le repas fini, la bagarre recommença pour la possession des os et ce n'est qu'un quart d'heure plus tard, par des coups de revolver tirés à blanc, que nous pûmes faire réintégrer aux lions leurs sabots où ils arrivèrent la gueule ensanglantée, les flancs lacérés par les griffes.

Jamais je n'avais vu une échauffourée pareille, le publie non plus. Personne ne parut regretter que les lions n'eussent pas travaillé. Ce spectacle excitant avait produit, devant ce public à demi sauvage (il est au Mexique, en 1917), une réelle sensation. »


Un lion qui rugit

10/01/2016

La justice et le droit sont à la base du monde

Dans une démocratie, les lois sont faites par le peuple et ses élus. Elles sont censées être justes. Dans les sociétés primitives, par contre, les lois étaient données directement de Dieu. Le psaume 89 parle ainsi de l’alliance du roi David avec Dieu.


La partie de ce psaume consacrée à Dieu met ainsi ses qualités en avant:


Dieu est terrible dans la grande assemblée des saints,
Il est redoutable pour tous ceux qui l’entourent.
Eternel, Dieu de l'univers, qui est puissant comme toi?
Eternel, ta fidélité t'environne.
C'est toi qui maîtrises l'orgueil de la mer; quand ses vagues se soulèvent, c'est toi qui les calmes.
Tu as écrasé l'Egypte, tu l'as transpercée, tu as dispersé tes ennemis par la puissance de ton bras.
C'est à toi qu'appartient le ciel, à toi aussi la terre; c'est toi qui as fondé le monde et ce qu'il contient.
Tu as créé le nord et le sud; le Thabor et l'Hermon acclament ton nom.
Ton bras est puissant, ta main forte, ta droite élevée.
La justice et le droit forment la base de ton trône, la bonté et la vérité sont devant toi.


Le psaume met ainsi d’abord la puissance de Dieu en avant, puis émet clairement que la base de son trône sont la justice et le droit.

La nouvelle Constitution de Genève que j’ai eu l’honneur d’élaborer avec les 79 autres Constituants fait encore allusion à cette idée que la justice et le droit viennent de Dieu lorsqu’elle énonce dans son préambule que le peuple de Genève adopte la constitution reconnaissant son héritage spirituel, afin de préserver la justice dans le respect du droit.


Icône avec deux anges

09/01/2016

Le Conseil municipal devrait voter des douzièmes provisionnels

Après la non-entrée en matière sur son projet de budget, le Conseil administratif avait émis le vœu de disposer d’un budget, plutôt que de partir dans les douxièmes provisionnels. La droite responsable l’a entendu. Elle a préféré proposer au Conseil municipal des coupes linéaires, dans le peu de temps qui lui restait à disposition après la présentation du deuxième projet de budget par la Conseillère administrative Sandrine Salerno. Rappelons que les deux projets de budget se ressemblaient comme deux gouttes d’eau, mis à part des recettes supplémentaires miraculeusement trouvées et des dépenses déjà votées entre-temps par le Conseil municipal.


Comme attendu, ce budget n’a pas plu à la gauche égoïste. Elle a donc décidé de lancer deux référendums et a commencé à récolter les signatures (art. 78 Constitution). Elle dispose de 40 jours pour trouver les 4’000 personnes ayant le droit de vote en Ville de Genève qui s’opposent au budget voté par le Conseil municipal dans la nuit du 14 au 15 décembre 2015.

L’aboutissement du référendum suspendrait l’entrée en force des parties du budget attaquées (baisse de subventions, réduction des montants alloués aux fournitures externes de la Ville). Le Conseil municipal aurait donc l’obligation de voter les douzièmes provisionnels pour lesdites parties (art. 95 al. 4 Loi sur l’administration des communes, LAC). Néanmoins, la Tribune de Genève vient de nous apprendre que le Conseil administratif s’est adressé au Conseil d’Etat pour contourner cette situation. De manière étonnante, il souhaite appliquer les coupes votées, malgré son opposition au moment du vote du budget. Cette manoeuvre surprenante semble aboutir moyennant l’invention d’un «principe de prudence». Comme quoi il est utile de ne jamais être à court d’une argutie.


Deux biscuits sur une assiette

07/01/2016

Changement de stratégie à la police genevoise?

La police de Genève a assisté à la manifestation sauvage du 19 décembre 2015 en tant que spectateur. La doctrine appliquée par ses cadres était le principe de non-intervention, afin d’éviter des dégâts plus graves. Ils ont ainsi pu les limiter à quelques millions de francs seulement. Merci encore pour cette sage décision et bravo à la police d’avoir eu le courage de la prendre.


Osons avouer que tout le monde n’était pas de cet avis et que quelques égarés ont critiqué cette attitude qui nous a néanmoins sauvé du pire (voir par exemple ici). Est-ce à cause de ces rares critiques que la police a changé sa stratégie, le 5 janvier 2015 à l’aéroport de Genève? Toujours est-il qu’elle est intervenue en force contre une manifestation non autorisée d’une trentaine de kurdes, comme on peut le voir sur le blog de Demir Sömnez. Est-ce peut-être aussi parce que la manifestation n’avait pas été annoncée publiquement depuis deux semaines et que la police, surprise, n’avait pas le temps d’en rapporter à ses cadres?

Espérons qu’il y ait au moins eu quelques discussions au sein de la police, afin de ne plus laisser le citoyen lambda sans protection, ce d’autant plus que le premier but de l’Etat est justement de le protéger, ainsi que ses biens, et non pas de l’amuser à longueur d’année avec des activités artistiques qui ne sont pas toujours appréciées par tout le monde et surtout pas par ceux qui paient leurs impôts à Genève. Les policiers français, quant à eux, ont compris qu’on ne peut pas lutter contre une feuille de boucher et une ceinture d’explosifs à mains nues.


La police surveille la Lake parade