11/03/2021

Mort de George Floyd : le procès sous haute tension du policier Derek Chauvin

La sélection du jury a commencé dans le procès pour la mort de George Floyd, dans un climat de tensions et de menaces de violence que font planer les émeutiers de Black Lives Matter s’ils n’obtiennent pas la condamnation qu’ils exigent.

Presque tous les jurés potentiels appelés dans l’affaire George Floyd ont témoigné qu’ils étaient terrifiés à l’idée d’être doxxés et que leur famille soit menacée s’ils faisaient partie du jury.

Les procureurs de Minneapolis ont d’emblée rejeté un juré qui a dit soutenir All Lives Matter (« toutes les vies comptent », par opposition à Black Lives Matter (BLM), que certains comprennent dans le sens où « seules les vies noires comptent »).

La difficulté de choisir un jury non biaisé

Les avocats du procès de l’ancien policier de Minneapolis accusé de la mort de George Floyd ont interrogé mercredi les jurés potentiels sur leur attitude envers la police, en essayant de déterminer s’ils sont plus enclins à croire le témoignage des forces de l’ordre que celui d’autres témoins de la confrontation.

Il s’agit d’un processus laborieux au cours duquel les avocats demandent aux jurés potentiels, un par un, s’ils peuvent garder l’esprit ouvert, ce qu’ils pensent du système de justice pénale et des questions de justice raciale, comment ils résolvent les conflits, etc.

  • Le premier juré choisi mercredi, un homme qui travaille dans la gestion des ventes et a grandi dans une région majoritairement blanche du centre du Minnesota, a dit dans son questionnaire écrit qu’il avait une opinion « très favorable » du mouvement Black Lives Matter et une impression « plutôt défavorable » du contre-mouvement Blue Lives Matter en faveur de la police, mais qu’il était « plutôt d’accord » pour dire que la police n’a pas le respect qu’elle mérite. Il a dit qu’il était d’accord pour dire qu’il y a de mauvais officiers de police.
  • Le second, un homme qui travaille dans le domaine de la sécurité informatique, a répondu « tout à fait d’accord » à la question de savoir s’il pense que la police de sa communauté lui donne un sentiment de sécurité.
  • Un juré potentiel retiré du panel est une femme dont le neveu est shérif adjoint dans l’ouest du Minnesota. Elle a dit qu’elle était consternée par la violence qui a suivi la mort de Floyd.
  • Une femme de couleur, un homme noir et trois hommes blancs ont également été sélectionnés.

    La femme et deux des hommes blancs ont des parents ou des amis qui sont des officiers de police actuels ou anciens.

    L’un des hommes est également ami avec un médecin légiste du Bureau d’appréhension criminelle du Minnesota (BCA), qui a enquêté sur la mort de Floyd.
  • En revanche, le 5e juré sélectionné est un immigrant qui dit soutenir BLM parce que les vies noires sont « marginalisées », et le juré n°20 a dit qu’il soutient BLM et a une opinion négative de Blue Lives Matter (Blue en référence aux policiers, pour souligner qu’ils sont la première ligne de front de protection des gens honnêtes contre les criminels, et ils payent de leur vie la protection de la société)
  • Le juré potentiel n°28 a admis avoir été influencé par la théorie de la conspiration selon laquelle Chauvin a ciblé George Floyd en raison d’une relation antérieure, ce qui l’a conduit à utiliser des « tactiques agressives ».
  • Le juré potentiel n°30 a soutenu les efforts de Defund the Police (définancer la police) et a fait un don pour cela. Il pense que Blue Lives Matter est une cause raciste.
  • Les procureurs ont rejeté une avocate civile qui a dit avoir une opinion « neutre » de Chauvin et Floyd, mais a vu d’un mauvais œil les manifestations de l’année dernière où des incendies criminels et des pillages ont eu lieu dans la ville.

« Je crois qu’il y a eu une prise de conscience positive à la suite de ces manifestations, mais oui, dans l’ensemble, je dirais que cela a été négatif pour notre communauté spécifique », a-t-elle déclaré. « Spécifiquement Minneapolis et Uptown, je dirais que c’est négatif ».

  • Les procureurs ont également refusé une femme blanche de Minneapolis qui a critiqué les manifestations pour Floyd, mais a parlé en bien des manifestants qui ont manifesté devant la résidence du gouverneur pour demander l’assouplissement des mesures de protection de COVID-19.

« Je ne vois pas ce que cela a apporté, si ce n’est, je suppose, d’attirer l’attention sur les frustrations des personnes concernées », a-t-elle déclaré à propos des manifestations pour Floyd. Elle a ensuite attribué aux manifestants de COVID-19 le mérite d’avoir accéléré les réouvertures partielles de l’État.

Meurtre au second ou au troisième degré ?

Derek Chauvin est déjà accusé de meurtre non intentionnel au second degré et d’homicide involontaire. Il a plaidé non coupable. L’accusation veut ajouter le meurtre au troisième degré, voici pourquoi :

Les degrés indiquent la gravité d’un crime. Plus le crime est grave, plus les critères que les procureurs doivent prouver au-delà de tout doute raisonnable pour obtenir une condamnation sont élevés.

  1. Le meurtre au premier degré est le plus grave et entraîne une peine de prison à vie. Pour obtenir une condamnation, les procureurs doivent prouver, entre autres, que l’acte a été planifié à l’avance ou que d’autres crimes majeurs ont été commis avec lui.
  2. Le meurtre au second degré au Minnesota peut être « intentionnel » ou « non intentionnel », ce qui est l’accusation à laquelle Chauvin fait face, et est passible d’une peine allant jusqu’à 40 ans de prison.

    L’accusation de meurtre au deuxième degré exige que les procureurs prouvent que Chauvin a causé la mort de Floyd en commettant ou en essayant de commettre un crime.
  3. Le meurtre au troisième degré, moins grave, nécessite un niveau de preuve moins élevé que le meurtre au deuxième degré. Pour obtenir une condamnation, les procureurs doivent seulement démontrer que la mort de Floyd a été causée par un acte manifestement dangereux, mais pas nécessairement un crime. Cela entraînerait une peine maximale de 25 ans.

Mais il y a des limites.

  • Chauvin n’a pas d’antécédents criminels, ce qui signifie qu’il finira probablement par purger environ 12,5 ans de prison, qu’il soit reconnu coupable de meurtre au deuxième ou au troisième degré.
  • L’homicide involontaire, l’accusation la moins grave, mais aussi celle pour laquelle la charge de la preuve est la moins lourde, signifie un maximum de prison de 10 ans.
  • L’accusation d’homicide involontaire exige la preuve que Chauvin a causé la mort de Floyd par une négligence, qui a créé un risque déraisonnable, et a consciemment pris le risque de causer des blessures graves ou la mort.

Le juge de district du comté d’Hennepin, Peter Cahill, a déclaré en début de semaine qu’il souhaitait attendre la décision de la Cour d’appel de l’État sur le désir de l’accusation de réintroduire leur accusation de meurtre au troisième degré en plus des chefs d’accusation de meurtre au deuxième degré et d’homicide involontaire dans la mort de Floyd.

Les avocats de Chauvin ont tenté de bloquer la décision de la Cour d’appel

En réponse, la Cour suprême du Minnesota a refusé d’entendre la demande de Chauvin visant à bloquer le rétablissement d’une accusation de meurtre au troisième degré.

La nouvelle décision de la haute juridiction de l’État laisse ouverte la possibilité que Cahill puisse ajouter cette accusation.

Pour ceux qui cherchent à obtenir justice pour la mort de Floyd, tout ce qui n’est pas jugé comme meurtre sera ressenti comme une injustice.

Ce qui fera la différence : la cause officielle de la mort établie par les médecins légistes

Le manque d’oxygène s’est-il produit parce que Floyd a eu un incident cardiaque, ou sa mort a-t-elle été provoquée par « une combinaison de substances » ?

Pour que Chauvin soit reconnu coupable de l’accusation la plus grave — meurtre involontaire au second degré — les procureurs doivent d’abord prouver au-delà de tout doute raisonnable qu’il a causé la mort de Floyd.

Les résultats de l’autopsie vont compliquer leur tâche.

  • Le rapport d’autopsie du médecin légiste du comté a conclu que Floyd, âgé de 46 ans, est mort d’une combinaison de causes, notamment « un arrêt cardio-pulmonaire qui a compliqué la maîtrise, la contrainte et la compression du cou par les forces de l’ordre » et que son organisme présentait une « intoxication au fentanyl ; et l’utilisation récente de méthamphétamine ».
  • Bien que le rapport qualifie la mort d' »homicide », il n’est pas certain que cela ait beaucoup de poids au tribunal. Car le rapport indique que cela « n’est pas une détermination légale, mais médicale et ne préjuge pas de la culpabilité ou de l’intention ».
  • Par ailleurs, une autopsie commandée par la famille de Floyd, mais qui n’a pas examiné le corps, a conclu que la mort a été « causée par une asphyxie due à une compression du cou et du dos qui a conduit à un manque de flux sanguin vers le cerveau. »

    L’avocat de la famille Floyd, Ben Crump, a également critiqué l’autopsie du médecin légiste pour avoir inclus les résultats toxicologiques, en déclarant : « La cause de la mort est qu’il avait besoin d’air. C’était un manque d’oxygène. Et donc tout le reste n’est qu’un faux-fuyant pour essayer de nous déstabiliser. »

Il faut donc s’attendre à une « bataille d’experts » lors du procès sur la cause exacte de la mort de Floyd. D’autant que pour les avocats de la défense, le doute n’existe pas :

« Associée à une drépanocytose et à des problèmes cardiaques préexistants, la consommation de fentanyl et de méthamphétamine par M. Floyd l’a très probablement tué. Ajouter le fentanyl et la méthamphétamine aux problèmes de santé existants de M. Floyd revenait à allumer la mèche d’une bombe, » indique le dossier de la défense de Derek Chauvin.

Le public doute du meurtre de George Floyd

Selon un récent sondage USA TODAY/Ipsos (1), seuls 36 % des Américains considèrent encore que la mort de George Floyd est un meurtre.

  • En juin dernier, 60 % des personnes interrogées par USA TODAY/Ipsos qualifiaient la mort de Floyd de meurtre ;
  • Le pourcentage s’est maintenant presque réduit de moitié pour atteindre 36 %.
  • Les gens sont moins sûrs de la manière de caractériser l’incident, filmé en vidéo, où Derek Chauvin maintient son genou sur le cou de Floyd et ignore ses protestations selon lesquelles il ne pouvait pas respirer.
  • L’année dernière, 4 % disaient ne pas savoir si la scène est un meurtre ou pas ; ce chiffre a grimpé à 17 %.

« C’était un meurtre. C’était délibéré »

« Pendant huit minutes, le policier aurait pu prendre une décision différente, et il a délibérément retenu un homme », a déclaré Valda Pugh, une retraitée de Louisville âgée de 67 ans et de race noire.

« C’était un meurtre. C’était délibéré – peut-être pas prémédité. Néanmoins, le jeune homme est mort ».

« Le policier a fait son travail »

A l’inverse, Kevin Hayworth, 66 ans, de Garner, Iowa, qui est blanc, n’est pas d’accord.

« Je pense que c’était un policier qui faisait son travail », a-t-il déclaré lors d’un entretien téléphonique en rapport avec le sondage USA TODAY.

« C’est une tragédie, mais je pense qu’il [le policier] était dans les limites de ses fonctions ».

La confiance dans BLM a fondu

Selon le sondage USA TODAY/Ipsos, la confiance des Américains dans le mouvement Black Lives Matter a beaucoup chuté, et leur foi dans les forces de l’ordre locales a augmenté, depuis les manifestations réclamant la « justice sociale » ont ravagé la nation l’année dernière.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

Trump part en guerre contre les faux Républicains

Donald Trump a jeté un gros pavé dans la mare en publiant lundi une déclaration officielle disant à ses fidèles partisans républicains de ne pas faire de dons aux RINO (Republicans In Name Only). Il a dit au lieu de cela, que ses partisans devraient envoyer leurs dons directement à son PAC (comité d’action politique) «Save America». Les Faux Républicains qui ont fait semblant d’être de son côté, puis ont voté en faveur de sa destitution ou qui l’ont accusé d’avoir causé l’émeute du 6 janvier, vont s’en mordre les doigts.

Pour les lecteurs de Dreuz, j’ai traduit l’article d’Andrea Widburg, paru sur le site d’American Thinker, le 9 mars.

Trump entre en guerre contre les RINO de Washington

Les personnes qui n’aiment pas Donald Trump prétendent que lorsqu’il s’en prend à Mitch McConnell et aux autres Républicains déloyaux, il ne fait que régler ses comptes sans autre but que l’autosatisfaction.

Les gens comme moi, qui l’aiment bien, perçoivent qu’il a une stratégie plus importante : se débarrasser de l’aile conservatrice du Parti Démocrate (ce n’est pas une faute de frappe) et positionner le Parti Républicain afin qu’il représente un véritable conservatisme populiste et pro-américain.

M. Trump a fait un autre grand pas dans cette direction lundi (le 8 mars) lorsqu’il a dit à ses 75 millions de partisans de cesser d’envoyer de l’argent au GOP.

Pour récapituler, Donald Trump a ouvert sa guerre contre l’aile RINO (Republicans in Name Only – (Faux Républicains)) du Parti Républicain à la mi-février, lorsqu’il s’en est pris au sénateur Mitch McConnell, chef de la minorité républicaine au Sénat, en le traitant d’incompétent. C’était évidemment pour se venger des attaques honteuses de Mitch McConnell après le vote raté de l’Impeachment.

M. Trump n’avait pas fini après avoir eu son mot à dire concernant M. McConnell. Deux semaines plus tard, lors de son discours à la réunion de la CPAC (Conservative Political Action Conference), M. Trump a fait deux choses.

D’abord, il a dit qu’il n’avait pas l’intention d’abandonner le Parti Républicain. Et, deuxièmement, il a nommé les Faux Républicains qui doivent être exclus du parti parce que leur allégeance est aux Démocrates avec leur politique anti-américaine, plutôt qu’aux États-Unis et aux Américains. M. Trump a clairement indiqué qu’il allait restaurer un Parti Républicain pro-américain.

Il a ensuite annoncé qu’il allait faire campagne contre la Sénatrice de l’Alaska, Lisa Murkowski, dont l’engagement envers le conservatisme est presque entièrement illusoire, et a demandé à ses avocats d’envoyer une lettre de cessation et d’abstention au Comité national républicain (le «RNC»).

Dans cette lettre, les avocats de M. Trump ont exigé que le RNC cesse d’utiliser le nom et l’image de Donald Trump dans ses documents de campagne.

Sans surprise, le RNC a répondu qu’il avait l’intention d’utiliser le nom et la photo de M. Trump dans son matériel de campagne. Cela signifie, bien sûr, qu’il a l’intention de promouvoir les RINO en les associant à un président républicain extrêmement populaire :

« Dans une lettre adressée lundi à l’avocat de M. Trump, Alex Cannon, l’avocat en chef du RNC, J. Justin Riemer, a déclaré que le Comité « a tout à fait le droit de se référer à des personnalités publiques lorsqu’il s’engage dans un discours politique, protégé par le premier amendement » et a déclaré « qu’il continuera à le faire dans la poursuite de ces objectifs communs. Il a insisté sur le fait que M. Trump avait également «réaffirmé» à la présidente du RNC, Ronna McDaniel, au cours du week-end « qu’il approuve l’utilisation actuelle de son nom par le RNC pour la collecte de fonds et autres matériels, y compris pour notre prochaine retraite des donateurs à Palm Beach lors de laquelle nous attendons avec impatience sa participation ».

Jim Hoft du site The Gateway Pundit comprend l’objectif poursuivi par le RNC :

« Il suffit de penser à tous les petits donateurs à revenu fixe qui penseront qu’ils aident M. Trump alors qu’au contraire ils aideront des monstres comme Mitch McConnell ou Liz Cheney ! »

Trump a dû anticiper cette réaction – après tout, en tant que personnage public, il lui est difficile de prétendre qu’il a le contrôle exclusif de son image et de ses paroles – alors il a riposté par une réaction qui a dû horrifier tout le monde au RNC, de la plus modeste des secrétaires à Ronna McDaniel elle-même. Il a publié une déclaration officielle disant aux fidèles de ne pas faire de dons aux RINO. Au lieu de cela, il dit qu’ils devraient faire un don directement à son PAC (comité d’action politique) « Save America » :

La situation est sur le point de devenir très intéressante, car Donald Trump vient de s’oindre ouvertement en tant que « faiseur de roi » des tenants du conservatisme musclé des États-Unis.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

10/03/2021

« Arrêtez de pleurnicher, Meghan Markle ! »

La récente interview des anciens membres de la famille royale, le prince Harry et Meghan Markle avec Oprah Winfrey laisse sourire : voilà deux milliardaires et une multi-milliardaire en train de se plaindre d’être victimes d’un monde injuste et raciste.

La controverse n’a pas tardé à enfler devant ce lamentable spectacle où les deux ingrats ont porté des accusations peu flatteuses sur leur période en tant que duc et duchesse de Sussex, avant de couper les liens avec la famille royale et redéménager aux États-Unis pour commencer, disent-ils « une vie de simples citoyens ».

Markle a affirmé qu’un membre de la famille royale avait exprimé des « préoccupations » concernant la couleur de la peau de leur fils Archie et « à quel point le bébé sera potentiellement foncé et ce que cela signifierait ou à quoi cela ressemblerait ». Et ils ont fait cette accusation explosive sans nommer le raciste, ce que je trouve assez dégoûtant, puisque cela fait porter la tâche honteuse à toute la famille royale.

Voilà quelques-unes des réactions rafraîchissantes que j’ai relevées. Elles changent du stupide monologue des journalistes, qui donnent l’impression d’avoir tous adopté la même opinion parce qu’ils sont incapables de réfléchir et d’avoir la leur.

  • Le journaliste et écrivain Matt Walsh :

« Les gens semblent surpris que Meghan Markle puisse réussir à se transformer en victime. Ce n’est pas du tout surprenant. Les règles de l’intersectionnalité stipulent que même si tous les membres de la famille royale sont riches et nantis, Markle a le droit d’être la victime parce qu’elle est la moins blanche. C’est aussi simple que cela. »

  • Le journaliste Michael Knowles a tweeté : « Meghan Markle est l’arme biologique la plus sophistiquée que l’Amérique ait jamais conçue et lâchée sur une puissance rivale. »
  • Dans sa dernière chronique pour le Daily Mail, Piers Morgan a écrit :

« Le nauséeux marathon de deux heures de Meghan et Harry avec Oprah était une diatribe honteuse de propagande cynique destinée à nuire à la Reine alors que son mari est à l’hôpital – et à détruire la Monarchie ».

  • Le correspondant politique en chef du Washington Examiner, Byron York, a lui aussi apporté son grain de sel :

« Lors de l’interview d’hier soir : Au milieu des pleurnicheries incessantes, ce qui est ressorti, c’est l’accusation de racisme manifestement planifiée par le tandem Meghan/Harry. Faire une allégation dont vous savez qu’elle fera l’effet d’une bombe, puis dire Oh, non, nous ne pourrons jamais dire qui l’a fait – jamais ! »

  • Quant à Nigel Farage, l’ancien chef du Parti du Brexit, il a tweeté :

« Si nous détruisons la monarchie, nous détruisons quelque chose de spécial dans notre pays », et « Harry et Meghan font de leur mieux pour que cela devienne une réalité. »

  • Le photographe royal Arthur Edward, très triste, a révélé que le Prince Harry « est incroyablement malheureux » depuis l’arrivée de Meghan.

« La seule chose à propos de Harry était qu’il était toujours très agréable, il faisait toujours partie intégrante de la famille », a dit Edwards, qui a passé plus de quatre décennies comme photographe royal pour le journal The Sun.

« Lui et son frère {le prince William] étaient inséparables : ils ont appris à skier ensemble, ils ont appris à piloter des avions ensemble, des hélicoptères ensemble et ils étaient juste inséparables jusqu’à ce que Meghan arrive et que les choses commencent à se détériorer. »

  • Mais la meilleure réflexion revient à la journaliste Megyn Kelly (que je n’ai jamais cessé d’apprécier malgré sa vicieuse attaque contre Donald Trump lors du premier débat présidentiel en 2016) :

Dans un interview, Megyn Kelly a expliqué :

« Meghan et Harry prétendent qu’aucune famille royale n’a connu pire traitement qu’eux dans la presse. Laissez-moi rire. Avez-vous déjà vu des personnes aussi privilégiées se vautrer ainsi dans leur propre sentiment d’être des victimes ? »

Plus tard, Kelly a refusé de s’excuser pour sa critique de Markle, tweetant :

« Donc… toute critique de Meghan ou – d’Oprah (Dieu nous en préserve !) – interdite parce que… c’est raciste ? Eh bien … tant pis. Contrairement aux woke paternalistes qui essaient de protéger ce célèbre couple millionnaire/milliardaire (qui a choisi de passer à la télé), je les vois comme tout à fait capables de prendre quelques piques. Vous êtes plus des bébés. »

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

09/03/2021

L’interdiction du niqab passe en Suisse. Que changera-t-elle ?

La faiblesse de la victoire, 51%, augure d’offensives nouvelles pour l’extension de l’islam et de ses mœurs dans l’espace public. La «culture de l’effacement» les y aide avec force.

Les activistes musulman(e)s et leurs alliés peuvent chanter victoire.

L’initiative sur «l’interdiction de se dissimuler le visage» en réalité le niqab, a été acceptée à une faible majorité: 51,2%. Les minarets avaient été interdits par 58% des votants. Cette modeste victoire n’empêche pas l’un des principaux leaders musulmans d’endosser son habit de victime: «Après ce scrutin, Pascal Gemperli, porte-parole de la Fédération des organisations islamiques de Suisse, craint pour la sécurité des musulmans en Suisse». Inutile de préciser qu’aucune agression n’a jamais eu lieu, y compris lorsque des jeunes musulmans (une centaine) partaient pour l’Etat islamique, que des prêcheurs de haine étaient démasqués, que des mosquées intégristes faisaient la Une.

La surprise vient des cantons romands qui excepté Genève (non à 51% seulement) ont accepté l’interdiction.

Ce vote assure en fait que rien ne changera. L’immense part de l’élite culturelle et politique continuera à renier nos valeurs et à faire place à cette religion de l’apartheid et à ses visées expansionnistes.

Cette campagne a fait apparaitre pour la première fois les arguments liés à la culture de l’effacement, le renoncement aux valeurs universelles. Les opposants ont repris le répertoire qui fait déjà des ravages outre-Atlantique.

Il faut parler de la liberté des femmes en Suisse, seulement en Suisse en ignorant superbement l’intolérance des «textes saints». Ainsi, 35% des musulmans s’estiment discriminés, mais n’élèvent jamais la voix contre les régimes islamiques qui discriminent tellement plus au nom de l’islam.

Un groupe de «foulards violets» rejoint les féministes occidentales. Selon l’habituelle inversion de la réalité, ce n’est pas le niqab pour elles qui serait sexiste, mais ceux qui s’y opposent. Les « Comités de la Grève féministe du 14 juin » se sont tous prononcés contre l’initiative. La haine de l’Occident unit ces mouvements: racisme, «culture du viol», tyrannie de la majorité blanche, mentalité néocoloniale, culpabilité ontologique des hommes (blancs).

Saïda Keller Messahli s’est battue comme une lionne pour l’interdiction. Malheureusement, les musulmanes qui militent comme elle contre l’islam politique sont plutôt rares.

Nous avons en tout cas pu constater durant cette campagne que l’islamo-gauchisme progresse inexorablement.

Les Verts, les socialistes, les libéraux-radicaux étaient opposés à l’initiative. Curieusement, aucun de ces partis n’a osé produire une affiche sur ce thème. Ils prouvent que le problème pour eux n’est pas la dignité des femmes, mais la lutte politicienne contre l’UDC.

Faire respecter une de nos valeur-phare, l’égalité et la dignité des femmes, ce n’est pas stigmatiser les musulmans, c’est défendre un pays civilisé. Mais notre société est-elle encore civilisée? Tellement emplie de racistes, d’hétérosexuels blancs, de nostalgiques de la colonisation…

Les musulmans prosélytes n’ont cure de cette guéguerre. Pour eux, l’objectif est d’imposer leur mode de vie, leurs rites et leurs habillements sexistes dans toutes les institutions encore profanes. Parallèlement, des groupes de jeunes musulmans extrémistes gagnent du terrain. Même la promotrice des signes religieux dans l’espace public Mallory Schneuwly Purdie nous l’affirme: le salafisme progresse aussi en Suisse.

Cette votation me fait penser à Sabine Tiguemounine, parfait exemple d’une militante genevoise qui se dit intégrée et ouverte, mais qui ne peut condamner l’obligation du tchador en Iran. Elle a pourtant toute latitude de songer à l’Iranienne Nasrin Sotoudeh qui a été condamnée à dix ans de prison et 148 coups de fouet pour avoir milité pour les droits humains et contre le voile. L’avocate risque sa vie en prison, victime de problèmes cardiaques et du covid. Qui proteste contre ces ignominies commises au nom de l’islam parmi ces activistes musulmans ?

Le vers de l’islam ronge les verts. Le plus choquant est qu’un parti progressiste soutient le pire des conservatismes religieux. Mais lorsque ces militants auront supprimé tout ce qui fait la grandeur de notre société, il se pourrait bien que les citoyens déstabilisés se portent vers la seule idéologie qui repose fermement sur ses cinq piliers et son dogmatisme millénaire.

Les promoteurs de l’initiative sont victimes de l’ignorance des citoyens lambda qui ne connaissent pas les caractéristiques de la religion musulmane orthodoxe et l’avancée de ses adeptes. Ce ne sont pas les médias qui les y aident et il faut reconnaître que la question est complexe. Les arguments du petit nombre de femmes portant le niqab en Suisse et de «la liberté de s’habiller comme on veut» sont tellement plus simples!

Qui aurait imaginé que nous allions vivre des massacres de musulmans fanatiques, que des meurtres en série suivraient, que des dizaines de personnalités devraient être protégées pour avoir critiqué cette religion, que des femmes-sandwichs en nombre croissant dissimuleraient leur corps, leurs cheveux et leurs oreilles, que des groupes de croyants mimétiques et donc hermétiques à la raison se déploieraient en toute tranquillité ? Et que parallèlement, la religion dont sont issus ces musulmans serait protégée, valorisée, innocentée ?

Depuis quarante ans, des Himalaya d’études sont entreprises en Occident pour comprendre, justifier ou expliquer. Des milliards sont consacrés à une population dont la religion n’aurait rien à voir avec le terrorisme, mais dont les adeptes bénéficient d’innombrables avantages destinés à empêcher qu’il ne se manifeste. Parmi ces bénéfices, l’engagement de multiples diplômés musulmans dans les universités qui, obsédés par leur religion, contribuent inlassablement à en montrer les richesses et à explorer les failles de nos démocraties.

Si l’UDC est le premier parti de Suisse, aucun de ses membres ne peut appartenir à ces groupes de chercheurs. Aucun de ces observateurs des vertus islamiques ne pourrait se pencher sur l’empreinte des Frères musulmans et des wahhabites dans nos mosquées.

Après ce vote, la pénétration de l’islam se poursuivra par le premier moteur du djihad culturel, le foulard. Mais aussi les prières dans l’entreprise, la pratique d’une culture «halal» (inventée), le foulard des filles à l’école, la comédie d’une « sublime religion » toujours acquittée.

Triste 8 mars.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Mireille Valette

08/03/2021

Quelle est l’histoire de la région visitée par le Pape François ?

L’Iraq est sous les projecteurs de l’actualité en raison de la visite du pape François qui rencontre ce qui reste des communautés chrétiennes, assyriennes et chaldéennes dans un pays dévasté par les assauts de l’islam. Il échangera avec le grand imam chiite Al Sistani dont l’autorité est réelle sur ce territoire.

L’islam radical est omniprésent dans ces régions d’Orient où les conflits entre factions belliqueuses concurrentes n’en finissent pas depuis de longs siècles. Dans les périodes précédentes, la religion mahométane s’est acharnée à éradiquer les chrétiens de cette terre de Mésopotamie où ils furent majoritaires. Cette situation locale dramatique, souvent médiatisée sous l’angle factuel d’événements militaires impossibles à déchiffrer, devrait inciter à connaître le réel passé de ce pays meurtri, afin de comprendre de quelle manière son avenir a été bafoué et compromis.

L’Iraq d’aujourd’hui est en effet un état récent : c’est une création des Occidentaux voulant répondre à la conjoncture du début du 20ème siècle, après l’effondrement de l’Empire ottoman et face à un nationalisme arabe en effervescence. Anglais et Français ont cherché à imposer une transition à la région en arbitrant la féroce concurrence interne à l’islam entre musulmans turcs et arabes, mais cela s’est fait une fois de plus sur le dos des chrétiens. Aujourd’hui les Occidentaux sont totalement dépassés par l’affrontement entre sunnites et chiites à l’intérieur d’une conflagration interminable alimentée par Téhéran. Seul état vraiment démocratique dans le secteur, Israël est entouré de terrains minés et de menaces permanentes. Depuis les opérations russes en Syrie et leurs conséquences collatérales, l’invasion de l’armée turque aggrave encore le chaos régional où il est bien difficile de s’y retrouver dans des stratégies qui s’entrecroisent.

C’est donc au début du 20ème siècle – époque marquée par le génocide arménien et chaldéen perpétré par les Ottomans (2 millions de victimes chrétiennes) – que fut créée la Jordanie sur 70% de l’ancienne Palestine historique, et qu’à l’instigation de Churchill, furent dessinées, sur des territoires assyro-chaldéens, arabes, kurdes et perses, les frontières de l’Iraq actuel …

Cela eut pour effet de calmer sur le moment le jeu des revendications nationalistes arabes, au prix de l’oubli des Kurdes et de leur ancien territoire, le Kurdistan. Mais la communauté historique des chrétiens autochtones (assyro-chaldéens) fut marginalisée et condamnée dès lors à une inexorable disparition progressive. Les attaques de Daesh allaient aggraver les choses.

Pourtant, après l’effondrement de l’empire ottoman, il avait été explicitement question de donner naissance à un état assyro-chaldéen pour assurer la survie des autochtones chrétiens, mais la SDN en 1925 n’eut pas le courage ni les moyens politiques de donner suite au projet. Suite aux spoliations par les Kurdes des plaines fertiles habitées par les chrétiens, c’est le Hakkâri qui fut le bastion montagneux de repli pour les assyriens et arméniens persécutés. Continuellement harcelé par les Kurdes, ce territoire fut rattaché à la Turquie. Si aujourd’hui les Kurdes sont agressés par les Turcs, et s’ils ont effectivement lutté avec courage contre Daesh, on ne peut oublier qu’ils ont longtemps été les agresseurs attitrés des chrétiens de la région.

Le problème spécifique de survie pour les chrétiens autochtones de culture syriaque a commencé à vrai dire à une époque déjà ancienne: car il y a environ vingt siècles, la Mésopotamie était un vaste territoire de riche civilisation héritée de l’antiquité. Une population nombreuse, composée de Juifs depuis l’exil à Babylone, et de Zoroastriens présents depuis des siècles, avait vu se développer sur ce terreau favorable de très nombreuses communautés chrétiennes dynamiques : Assyriens, Chaldéens, et Nestoriens, parlant tous une langue sémitique largement répandue : l’araméen.

L’invasion brutale de l’islam au 7ème siècle dans cette région judéo-chrétienne florissante a (malgré quelques très rares périodes tolérantes) provoqué le déclin coraniquement programmé des non-musulmans. En raison du djihad, fer de lance de la colonisation islamique, les chrétiens ainsi que les juifs disparurent au gré des persécutions successives, des mises en esclavage, des expropriations, des conversions forcées, etc.

Pourtant, sous l’empire abbasside aux 8ème et 9ème siècles, Bagdad était devenue un centre islamique réputé. Mais curieusement, a été occulté le fait que  cette gloire fièrement revendiquée par l’islam était essentiellement due aux chrétiens locaux enrôlés par les califes et sultans. C’est en raison de leurs connaissances bibliques (hébreu et grec) que les nestoriens furent appelés à traduire en arabe les œuvres majeures de la science et de la philosophie gréco-romaine. Humaïn al Hishaq, célèbre intellectuelchrétien, animait la « maison de la sagesse » Beit  Hikma du calife de Bagdad Al Mamoun. Le premier ouvrage d’ophtalmologie écrit en arabe le fut par le chrétien au nom arabisé Youhanna Ibn Massawayh, médecin personnel d’Haroun al Rachid.

Ainsi, les chrétiens, utilisés par les califes comme ressources d’appoint pour développer leur civilisation, étaient des « dhimmi« , citoyens inférieurs pour lesquels la considération était aléatoire selon des critères utilitaires. De nombreux épisodes sanglants marquèrent cette région au fil des siècles, par exemple avec Tamerlan, qui enterra vivants des milliers de chrétiens, ou encore le féroce Sélim 1er et d’autres sultans qui massacrèrent massivement les populations chrétiennes de Mésopotamie occupée.

Dès lors, cette terre qui avait été spirituellement et culturellement rayonnante devint peu à peu, sous domination arabe puis turque, le plus grand champ de ruines de monastères, d’églises et de synagogues ; finalement, le plus grand cimetière chrétien du Moyen-Orient, selon l’expression de l’historien jésuite le père J.M. Fiey.

Qui aujourd’hui a connaissance du rayonnement pluriséculaire de cette région du Moyen Orient? Les désastres successifs ont été totalement occultés par une arabisation forcée au temps de la dictature de Saddam Hussein, sous les yeux d’une Europe plus soucieuse de ses alliances commerciales et de ses fournitures énergétiques, que des fondements d’anciennes valeurs humanistes et spirituelles aujourd’hui complètement reniées.

La libération de Mossoul par l’armée irakienne aidée par les Américains n’a été qu’une étape significative d’un long processus. Lequel a été au long des siècles celui de la destruction progressive par l’islam d’une foi et d’une culture longuement préexistantes. Brillante civilisation aux yeux de laquelle l’être humain avait encore une valeur inestimable et où manifestée par ses magnifiques réalisations, la Paix biblique restait pour ces peuples l’horizon d’avenir.

Puisse la visite du pape François avoir un impact constructif sur ce patchwork de communautés dont le dénominateur commun reste très faible car soumises à des influences multiples et contradictoires. Les chrétiens sont motivés pour se reconstruire, mais auront-ils les moyens de réaliser leur espérance ?

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

07/03/2021

De nouvelles découvertes indiquent que l’hébreu fut le plus ancien alphabet du monde – 3ème partie

3ème et dernier volet de l’article de Steve Law, traduit par Pug pour « Nations pour Israël ».

« Et les serviteurs du Pharaon lui dirent: Jusques à quand celui-ci sera-t-il pour nous un piège? Laisse aller ces hommes, et qu’ils servent l’Eternel, leur Dieu. Ne sais-tu pas encore que l’Egypte est ruinée? Et on fit revenir Moise et Aaron vers le Pharaon; et il leur dit: Allez, servez l’Eternel, votre Dieu. »

Exode 10 : 7-8 (Darby)

Dans ce troisième volet d’une série en trois parties, nous allons considérer la plus profonde et la plus controversée des interprétations proposées par le Professeur Douglas Petrovitch, et le débat qui a suivi ses annonces. Comme on l’a vu dans les deux premières parties, Petrovitch a affirmé qu’il y a maintenant suffisamment d’éléments pour établir que l’Hébreu est le premier alphabet au monde. Si cela était confirmé, cela repousserait la première occurrence d’une écriture hébraïque de plus de mille plus tôt que ce n’était considéré jusque-là, rendant possible que Moïse ait effectivement été l’auteur des plus anciens textes bibliques aux yeux des universitaires. Cette série d’inscriptions égyptiennes peuvent aussi valider beaucoup de l’histoire racontée dans la Bible pour la période de l’Exode.

Entre tous les textes controversés qui proviennent de Serâbît el-Khadîm, les mines de turquoise sous contrôle égyptien juste à l’ouest du Mont Sinaï traditionnel, un texte en particulier fait monter la température du débat. Sinai 361 (dessin manuel au-dessus et photo ci-dessous) pourrait contenir le nom « Moïse » et en fait se référer à l’année où les plaies et la dévastation ont ravagé l’Egypte. Cette inscription est faite en colonnes verticales de la droite vers la gauche avec le nom « Moïse » (en fait, l’hébreu « Moshe ») mentionné à la fin de la première colonne sur la droite. Petrovitch lit l’inscription comme suit :

« Notre servitude sous le joug durait, Moïse alors a provoqué la stupéfaction, c’est l’année de la stupéfaction, à cause de la dame.»

La « stupéfaction » pourrait faire référence à l’étape du Jugement, montrée dans le film « Patterns of Evidence : The Exodus » quand l’Egypte a été dévastée. L’utilisation du temps présent pourrait signifier que le message a même été écrit alors que les plaies étaient en plein déroulement.

 « Et moi, j’endurcirai le cœur du Pharaon, et je multiplierai mes signes et mes miracles dans le pays d’Egypte. Et le Pharaon ne vous écoutera pas; et je mettrai ma main sur l’Egypte, et je ferai sortir mes armées, mon peuple, les fils d’Israël, hors du pays d’Egypte, par de grands jugements; »

Exode 7 :3-4 (Darby)

Les références à la servitude, une année de stupéfaction et que cela a été provoqué par Moïse correspondent remarquablement bien au récit de l’Exode concernant les plaies et la libération de l’esclavage, comme décrit dans la Bible. Petrovitch pense que « la dame » dont il est fait mention correspond à la déesse égyptienne Hathor, souvent dépeinte comme une vache cornée. La Bible souligne la tendance des Israélites à adorer les divinités égyptiennes, comme dans l’incident du Veau d’Or au Mont Sinaï. Une référence à cette rebellion et à ce qui pourrait être l’année de la stupéfaction se trouve dans le Psaume 78.

« Que de fois ils l’irritèrent dans le désert, et le provoquèrent dans le lieu désole!

Et ils recommencèrent et tentèrent Dieu, et affligèrent le Saint d’Israël:

ne se souvinrent pas de sa main au jour où il les avait délivrés de l’oppresseur,

Lorsqu’il mit ses signes en Egypte, et ses prodiges dans les campagnes de Tsoan,

il changea en sang leurs fleuves et leurs courants d’eau, de sorte qu’ils n’en pussent pas boire;

Il envoya contre eux des mouches qui les dévorèrent, et des grenouilles qui les détruisirent;

Et il livra leurs fruits à la locuste, et leur travail à la sauterelle.

Il fit périr leurs vignes par la grêle, et leurs sycomores par les grêlons;

Et il livra leur bétail à la grêle, et leurs troupeaux à la foudre.

Il envoya sur eux l’ardeur de sa colère, la fureur, et l’indignation, et la détresse, une troupe d’anges de malheur.

Il fraya un chemin à sa colère; il ne préserva pas leurs âmes de la mort, et livra leur vie à la peste;

Et il frappa tout premier-né en Egypte, les prémices de la vigueur dans les tentes de Cham.

Et il fit partir son peuple comme des brebis, et les mena comme un troupeau dans le désert; »

Psaume 78 : 40-52 (Darby)

Sinai 361, morceau de stèle en pierre provenant d’Egypte qui contient le nom « Moïse » selon le Pr Douglas Petrovitch

Cette inscription (ainsi que celle de Sinaï 375a qui mentionne Akhisamac) ne contient pas de date mais le Professeur Petrovitch lui donne une date dans la 18ème Dynastie, autour de 1446 av JC, en se basant sur des restes de poteries de cette période retrouvées dans les cavernes. David Rohl, qui est en faveur de l’Exode ayant lieu à la fin de la 13ème Dynastie, fait remarquer que la poterie ne peut être utilisée que pour dater les objets trouvés dans la même couche que la poterie lorsqu’il est question de restes stratifiés dans le sol. Donc une inscription séparée sur un mur de pierres ou une stèle au-dessus du sol ne peut être liée à aucune découverte de poterie, surtout les sites dans un endroit connu pour avoir une longue histoire comme celui-ci.

Petrovitch a répondu que le principe auquel Rohl fait référence ne s’applique pas à une mine creusée mais uniquement aux sites où l’architecture a connu plusieurs phases de construction/reconstruction avec de nouveaux niveaux de planchers qui ont évacué les anciens matériaux régulièrement. Par contraste, Petrovitch note que ces boyaux de mines n’étaient utilisés que par un groupe de males qui se rendaient à ce site éloigné qu’une fois par an pour l’activité minière saisonnière ou annuelle. Il n’y avait pas de servantes, de services de nettoyage ou de rénovation des boyaux miniers. Si les mines qui montrent des inscriptions datant du Nouvel Empire avaient été utilisées à des périodes antérieures, il existerait des preuves visibles préservées dans les boyaux. Or, il n’y en a pas.

Bien que le Professeur Petrovitch admet que les preuves de poterie que l’on peut dater ne sont pas une garantie de la première utilisation des mines, il estime qu’il existe suffisamment d’éléments, selon plusieurs moyens, pour s’assurer que ces mines n’étaient pas en service durant le Moyen Empire. Et donc le débat continue. Petrovitch pense que sa reconstruction du développement des premières écritures hébraïques soutient fortement son estimation selon laquelle ces inscriptions sont datées du Nouvel Empire. Encore une fois, que l’on parle de la fin de la 13ème Dynastie ou du début de la 18ème Dynastie, ces inscriptions semblent précéder l’idée d’un Exode au temps de Ramsès II de plusieurs siècles.

Dans un article de Breaking Israel News, Petrovitch évoque d’autres phrases à forte ressemblance biblique  qu’il a déchiffrées. L’une d’elle, « le vin est plus abondant que la lumière du jour, que le boulanger, que l’homme libre » a été trouvée dans une inscription de la fin de la 12ème Dynastie.

Une autre inscription (celle-ci provenant de Sinai375a et plus proche de l’époque de l’Exode) indique : « Celui qui a été élevé est las à oublier ». Elle provient de l’inscription qui porte le nom d’Akhisamac et elle est dans une forme habituellement utilisée pour des messages autobiographiques. Bien que le Professeur Petrovitch n’ait pas vérifié ce lien, je trouve la phraséologie étrangement similaire au récit de Jospeh élevé au rang de second après le Pharaon, après avoir été vendu par ses frères. Ce geste le mènera à l’esclavage en Egypt, puis à la prison pour plusieurs années avant d’être élevé. Donc la question est de savoir si ce texte s’identifie ou fait allusion au récit de Jospeh ou si c’est simplement une coïncidence d’utilisation des mots. Dans les deux cas, il semble que cela soutienne l’idée que le texte est en Hébreu.

« Et le Pharaon dit à Joseph: Puisque Dieu t’a fait connaitre tout cela, personne n’est intelligent et sage comme toi. Toi, tu seras sur ma maison, et tout mon peuple se dirigera d’après ton commandement; seulement quant au trône, je serai plus grand que toi. Et le Pharaon dit à Joseph: Vois, je t’ai établi sur tout le pays d’Egypte.»

Genèse 41 : 39-41 (Darby)

« Et Joseph appela le nom du premier-né Manassé: car Dieu m’a fait oublier toute ma peine, et toute la maison de mon père. »

Genèse 41 :51 (Darby)

[Le son Manassé ressemble à la phrase hébraïque de « faire oublier »]

Petrovitch explique que d’autres langages sémitiques ne proposent pas un résultat intelligible pour ces inscriptions, raison pour laquelle elles n’avaient jamais été interprétées auparavant. Et peu ont pensé que les Israélites aient pu vivre si tôt dans l’histoire, donc l’option de l’Hébreu n’était pas envisagée. Cette version primitive d’Hébreu peut être vue comme « l’Hébreu 1.0 » et selon Petrovitch, elle est la seule qui fonctionne pour traduire les inscriptions égyptiennes. « Il y a eu beaucoup de moment d’étonnement le long du chemin » dit-il « parce que je tombais sur des personnages bibliques qui n’avaient jamais été trouvés dans les annales épigraphiques, ou que je voyais des connections que je n’avais jamais compris jusque-là. »

Professeur Douglas N. Petrovitch

Petrovitch poursuit : « Mes découvertes sont très controversées parce que si elles sont exactes, elles réécriront les livres d’histoire et saperont beaucoup des hypothèses et conceptions erronées à propos du peuple Hébreu antique et de la Bible qui sont devenues communément acceptés dans le monde universitaire et enseignées comme des faits dans les principales universités du monde . »

Comme on pouvait s’y attendre, la contestation a promptement suivi la conférence de Petrovitch à l’ASOR. La critique principale jusqu’ici est venue du Professeur Christopher Rollston de l’Université Georges Washington, l’un des principaux universitaires américains dans les domaines de l’épigraphie et des inscriptions antiques de la région du Levant. Le 10 décembre 2016, il a publié un article sur son site web intitulé : « Les inscriptions Protosinaïtiques 2.0 : Langage et écriture cananéennes, pas hébraïques. (en anglais) » Il y affirme :

« En ce qui concerne l’écriture des inscriptions de Serabit el Khadem et Wadi el-Hol, les meilleurs termes sont « Alphabet primitif » ou « Cananéen ». Certains préfèrent le terme «écriture protosinaïtique ». Chacun de ces termes est acceptable. Mais il est absolument et empiriquement inexact de suggérer que l’écriture de ces inscriptions est une écriture hébraïque, ou phénicienne, ou araméenne, ou Moabite, ou Ammonite, ou Edomite. L’écriture de ces inscriptions… n’est pas l’une des écritures nationales distinctive (Phénicienne, Hébreu, Araméenne, etc) mais plutôt l’ancêtre primitif de l’ensemble de ces écritures et nous appelons cet ancêtre primitif « Alphabet primitif ». »

Le Professeur Rollston explique que ces inscriptions ne peuvent pas être appelées « Hébreu » parce qu’elles sont clairement « Alphabet primitif » ou « Cananéen » (ce que beaucoup appellent Proto-cananéen  ou protosinaïtique), et le Cananéen ne peut pas être défini comme tel ou tel langage, donc ça ne peut pas être de l’Hébreu. Mais Petrovitch s’oppose au principe même et à la pensée conventionnelle que l’écriture en Alphabet primitif ne peut pas être reliée à un langage national en particulier. De façon évident, un certain groupe de Sémites parlant un certain langage particulier l’a développé – donc pourquoi pas les Hébreux ? Les inventeurs de l’écriture en Alphabet primitif devaient être les Hébreux ou les Phéniciens ou les Araméens ou les Moabites ou les Ammonites ou les Edomites ou les Madianites, etc. L’un d’entre eux a été le premier. Et il se trouve justement que les Hébreux étaient en Egypte juste au moment où cette écriture sémitique a été adaptée des hiéroglyphes en symboles alphabétiques, et ces inscriptions primitives évoquent justement des noms de personnages issus du récit biblique des Israélites en Egypte et plus tard de l’Exode.

Il est vrai qu’il existe une écriture appelée « Hébreu » (ou Paléo-Hébreu) qui peut être constatée dans des inscriptions datant d’autour de 1000 ou 900 av. JC et cette écriture « hébraïque » est différente de l’écriture alphabétique primitive. Mais personne ne conteste ce fait. La question est de savoir s’il existe un précurseur à cette écriture – une forme primitive d’hébreu (que Petrovitch aime appeler « Proto-Hébreu consonnantal » – qui serait le premier alphabet de l’histoire et qui a été appelé Alphabet primitif (ou Proto-cananéen) jusqu’à aujourd’hui. Cette écriture aurait ensuite été développée en plusieurs branches utilisées par les différents groupes ethniques de la région, comprenant un développement progressif dans des formes ultérieures d’Hébreu comme celui qu’on appelle aujourd’hui Paléo-Hébreu aujourd’hui. Le nouveau livre de Petrovitch expose exhaustivement ce processus. Il présente des faits montrant que les lettres hébraïques ont évolué constamment devenant moins pictographique avec le temps, jusqu’à devenir au final des lettres majuscules.

Le développement de l’hébreu proto-consonnantal proposé par Douglas Petrovitch

Rollston concentre l’essentiel de ses critiques sur les interprétations par Petrovitch de certains mots comme étant de l’hébreu alors qu’ils apparaissent, en fait, dans d’autres langages sémitiques et peuvent avoir plusieurs significations possibles. Mais une large partie du raisonnement de Petrovitch repose sur le contexte de ces inscriptions qui utilisent des noms uniquement bibliques dans la période de temps correcte ou ces personnages existaient. De plus, son étude repose sur l’affirmation que certaines de ces inscriptions n’ont de sens que lorsque les mots hébreux leur sont alloués au lieu des autres options. Pour évaluer la solidité du raisonnement, les savants devront lire l’ensemble du travail exposé dans le nouveau livre de Petrovitch, ce que personne n’a pu faire jsuqu’ici. Petrovitch expose ses découvertes en entier dans les premiers des livres qu’il prépare ; The World’s Oldest Alphabet (en anglais) disponible en pré-commande chez Carta Jerusalem.

Dans un échange sur Facebook, David Rohl a estimé qu’il était valide, pour Rollston, de classifier ces écritures primitives comme sémitiques. Mais Rohl a indiqué que les raisons de Rollston de ne pas considérer l’Hébreu comme le type de langage sémitique impliqué dépendent de sa vision selon laquelle les Israélites n’existaient que dans les siècles immédiatement avant Ramsès II et pas aussi tôt que le sont ces inscriptions. Si la vision de Rohl (ou de Petrovitch) est vérifiée, les Israélites étaient dans la région à la 12ème Dynastie et l’Hébreu devrait être considéré comme un candidat légitime pour ces inscriptions alphabétiques primitives. Rollston a répondu :

« Oh, David, tu as tellement complètement tort sur tant de choses. Cela ne me servira à rien d’essayer encore une fois de de le montrer…ça ne servirait à rien. Donc désolé. Mon analyse est basée sur des inscriptions existantes et des éléments de diagnostic de langage et d’écriture. Que ton cœur soit béni. Porte-toi bien et sois prospère. Sincèrement, Chris »

L’absence de volonté d’aborder cet aspect important du débat a mené Rohl a baisser les bras et dire qu’il n’y a pas moyen de contraindre les savants à remettre en cause leur traditions tenues depuis longtemps – l’inertie universitaire est difficile à surpasser. Nous projetons de continuer le débat dans nos prochains épisodes de la série « Patterns of Evidence » avec, espérons-le, la participation de Douglas Petrovitch et Christopher Rollston.

Le Professeur Petrovitch a fait le résumé suivant : « La vérité ne peut pas être tuée, donc si j’ai raison, mes découvertes survivront à l’examen des universitaires. En tout état de cause, je n’ai aucun doute sur le fait que l’Hébreu est le plus ancien alphabet du monde. »

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Gally pour Dreuz.info.