09/03/2017

Non à un canton de Genève surpeuplé

De plus en plus de migrants arrivent à Genève et rendent la pénurie de logement encore plus insupportable. La Ville de Genève n'est cependant pas la seule à en souffrir. Le canton aussi est concerné. Voici un article intéressant qui traite de ce sujet, écrit par notre nouvel assistant parlementaire au Conseil municipal, Howard Nobs, qui est également assistant parlementaire UDC au Grand Conseil:

Non à un canton surpeuplé !
Première mise à jour du plan directeur cantonal : mise à jour ou rattrapage ?
Par Howard Nobs, assistant parlementaire
Dessin d'un bâtiment en construction
L’approbation du plan directeur cantonal genevois par la Confédération peut difficilement être considérée comme « une véritable approbation » au vu des nombreuses observations impliquant, trois ans seulement après son adoption par le Grand Conseil, de procéder à une mise à jour.


Le caractère précoce de la première mise à jour du plan directeur cantonal 2030, adopté en septembre 2013 par le Grand Conseil, s’avère atypique. Généralement, un plan directeur cantonal est remanié tous les dix ans. Pourquoi une mise à jour intervient-elle si tôt ? Cette mise à jour précoce fait suite aux diverses réserves de l’Office fédéral du développement territorial (ARE) du 13 avril 2015 et notamment du point 3 « Jusqu’à l’horizon 2023, seules sont approuvées les emprises sur les surfaces d’assolement (notamment extensions urbaines et renaturations) qui ont atteint un état de coordination supérieur à celui de l’information préalable, au sens de l’art. 5 de l’ordonnance du 28 juin 2000 sur l’aménagement du territoire (OAT; RS 700.1), et sous réserve du respect explicite de l’art. 30, al. 1bis, OAT. Les emprises concernées figurent de manière exhaustive p. 29 et 37 dans le rapport d’examen de l’ARE du 13 avril 2015. »

Genève doit respecter le quota de 8400 ha de surfaces d’assolement
Le rapport d’examen de l’ARE n’est de loin pas rassurant pour Genève. Il contraste avec le propos rassurant de M. Longchamp qui ne craignait pas les implications de la révision de la loi et pour qui Genève était le bon élève, menant de manière exemplaire la lutte contre le grignotage du territoire. « A l'horizon 2023, 186.5 ha d'emprises sur la zone agricole sont prévus, dont 114 ha sur les surfaces d'assolement. La marge de manœuvre du canton est donc faible. En l'état, et de manière congruente à la réserve formulée à l'égard du concept cantonal de l'aménagement, si pour l'essentiel la gestion des zones à bâtir dans le canton répond aux exigences fédérales, la Confédération ne peut approuver sans réserve le cadre fixé par le PDCn Genève 2030 pour le dimensionnement de la zone à bâtir à l'horizon 2030. En effet, compte tenu des autres emprises (renaturation, serres maraîchères, infrastructures de transport ou autres) prévues sur les surfaces d'assolement, la priorisation effectuée à l'horizon 2023 ne suffit pas au canton pour respecter le quota de 8400 ha qui lui a été attribué par le Conseil Fédéral en 1992. »
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Non à un canton surpeuplé et à un « Grand Genève » dont le contrôle échappe aux citoyens !
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Nos enfants ne parviennent pas à se loger sur le territoire cantonal, c’est pourquoi un plan directeur cantonal ne devrait pas avoir comme objectif de préparer Genève à accueillir toujours plus d’habitants, comme les 84'000 habitants supplémentaires attendus d’ici à 2030. D’un point de vue stratégique, il conviendrait que la première mise à jour du plan directeur cantonal 2030 se préoccupe d’abord des besoins des habitants d’aujourd’hui et de ceux de leurs enfants, avant de vouloir loger les personnes qui viennent d’ailleurs. Pour mémoire, en 2015, le solde naturel genevois (différence entre les naissances et les décès) s’est élevé à 1'768 personnes. Ainsi, la cible de 50'000 logements de 2011 à 2030 n’est donc pas destinée à loger nos enfants, mais s’inscrit dans l’accompagnement d’une croissance exogène non désirée. D’ailleurs, avec un solde migratoire particulièrement élevé (6'265 personnes en 2015), nos enfants ne parviendront jamais à se loger.

Oui à la protection de notre zone agricole, non à la mort de la zone villa !
Nous accueillons plutôt favorablement le concept d’une utilisation plus dense et plus efficace de la zone à bâtir actuelle en vue de freiner la consommation de sol et de protéger la zone agricole. L’UDC est favorable à la préservation de la zone agricole, en rappelant l’importance de consommer des produits de qualité et de proximité. Il est aberrant que les consommateurs aient à acheter des légumes ayant traversé l’Europe en camion, alors qu’ils pourraient être produits sur place.

L’UDC s’oppose fermement à la « mutation progressive de secteurs de la zone 5 par modification de la zone précitée ». En effet, la zone villa permet d’assurer une certaine mixité sociale et d’agir comme un poumon de verdure. Souvent, les habitants des barres d’immeubles entretiennent d’excellents rapports avec les propriétaires de villas voisins et militent ensemble pour le maintien de cet environnement à la fois bâti et végétal qui contraste avec les barres d’immeuble sans âme. Pour l’UDC, il est inacceptable que l’Etat s’attaque aux petits propriétaires d’une classe moyenne supérieure en les obligeant, sous couvert de lois prétendument sociales, à céder leur bien à un prix inférieur au marché comme cela se fait en zone de développement. La politique de « renouvellement » urbain d’une partie de la zone 5 se traduira par le remplacement d’une classe moyenne par une population plus précarisée, avec à la clé une explosion des dépenses sociales.

« Urbaniser de l’intérieur » : un concept proche de ses limites
Enfin, il convient d’observer que le canton de Genève et tout particulièrement sa ville connaissent des densités de population très élevées : avec 12 628 hab./km2la densité de la population de la Ville de Genève est supérieure à celle de New-York (7041 hab./km2), de Berlin (3861 hab./km2) ou Zurich (4500 hab./km2). Face à une telle densité, il faut reconnaître que le concept préconisé d’une l’urbanisation « de l’intérieur » est très proche de ses limites.

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