13/11/2021

N’obéissez plus

Ah, vraiment, rien de tel qu’un petit discours de Macron pour requinquer un peuple, lancer discrètement une campagne électorale et passer quelques petits messages sympathiques à base d’injonctions paradoxales.

On peut en effet saluer l’intervention de l’actuel locataire de l’Élysée qui aura réussi à appliquer une nouvelle fois sa technique du « en même temps » au peuple français : eh oui, en même temps, le vaccin ne marche plus au point qu’il faille une troisième dose pour les plus de 65 ans, et en même temps il marche au point qu’il faille deux doses pour les moins de 18 ans. En tout cas, vaccinez-vous !

Et ce n’est pas une proposition, mais bien un ordre, notre Chef de Guerre n’entendant plus laisser trop de tergiversations coincer la marche du progrès vers le Mondaprès qui donnera sans regret à la Vidavan un petit côté sépia : moyennant la prompte annulation de leur pass sanitaire, les vaccinés deux doses (d’abord les plus de 65 ans, mais rapidement les autres aussi, ne vous impatientez pas) vont bientôt rejoindre les rangs des scrofuleux méprisables qui ne se sont pas vaccinés.

Oui, vous l’avez compris : vous pouvez clairement oublier la Vidavan, celle où être libre signifiait vraiment aller boire un café sans montrer son pedigree vaccinal, et vous concentrer avec bonheur sur ce Mondaprès dans lequel les contraintes (sanitaires, administratives et psychologiques) vont s’empiler joyeusement pour donner du tonus à nos médias et nos politiciens.

Pas de doute, rien de tel qu’une crise qui n’en finira jamais pour bien calmer les ardeurs des uns et des autres à faire ce qui leur passe par la tête : non mais oh, vous croyez quoi ? On est en France, ici, et tout doit donc être régulé, encadré, limité, restreint, jugulé même. Cette anarchie de gens qui pensent et font ce qu’ils veulent n’avait que trop duré et grâce à une crise superbement récupérée, on va pouvoir mettre de l’ordre, des ordres mêmes (impératifs et aboyés régulièrement à la télé), dans toute cette société.

Alors oui, bien sûr, il y a bien quelques rouspéteurs peu heureux de courber l’échine et pas satisfaits de renoncer aux principes fondamentaux de liberté d’expression ou de mouvement, de secret médical ou d’égalité des citoyens en droit : bah, ils feront encore quelques manifestations, mais il sera facile de les faire tomber.

Pour ceux-là, il suffira de pousser les manifestants à la violence. C’est elle qui a facilement discrédité le mouvement des Gilets Jaunes dont on rappelle qu’au départ, il consistait surtout à demander une baisse des taxes dont la France est complètement percluse et qui mine complètement son peuple. Quelques exactions plus tard, les forces de l’ordre n’eurent plus aucun souci pour utiliser leur équipement répressif : la violence qui dessert l’État sera toujours rapidement mâtée. Au passage, notons que celle des banlieues, qui le sert (politiquement, économiquement et sociologiquement), n’appellera jamais au même traitement…

Non, ce qui posera problème, ce sont ceux qui se joueront du système et qui mettront, patiemment, discrètement et de façon systématique leur inventivité et leur détermination à désobéir, à entrer en résistance active contre les trois corps actuels d’Occupation intérieure du pays sur le peuple français que sont les politiciens, les administrations et les médias.

Les administrations, gros monstres idiots, obèses et impotents qui écrabouillent les individus dès qu’ils le peuvent, trouveront de plus en plus de citoyens utilisant les lois, leurs règlements internes, leurs propres obligations pour les retourner contre eux et les paralyser. Quelques précédents billets (ici et ) pourraient même fournir quelques idées de base.

La guérilla administrative et le harcèlement procédurier, mené par des milliers de fantassins déterminés, pourraient facilement provoquer un engorgement de ces administrations qui ont arrêté de servir ceux qui les payent pour ne plus servir au mieux quelques politiciens, et au pire, qu’elles-mêmes.

D’autres petits malins trouveront la bonne grève, le bon blocage de sites (certaines préfectures, certaines administrations par exemple) qui, n’en doutons pas, déclencheront le mouvement malheureux de trop de la part d’un pouvoir qui ne peut supporter la dissension.

Et puis soyons lucides : même si la ministraille s’agite et fait croire à un réel pouvoir, il va être compliqué de vraiment contrôler tout le monde, tout le temps. Le pass, outil clairement débile sur le plan sanitaire et inique sur le plan politique, doit être contourné, détourné, utilisé comme moyen clair de distinguer les commerces intelligents et souples des rigides voire des zélés. Ces derniers offrent une belle occasion d’utiliser la puissance des réseaux sociaux pour les faire connaître et les noter avec précision.

Enfin et bien malheureusement, les ordres du Lider Manuelo élyséen n’auront pas de prise sur ces citoyens qui choisiront l’exil.

Car en réalité, ceux qui fuient les pays qui ont sombré dans l’hystérie sanitaire ont du choix : s’il est clair que la Nouvelle-Zélande, le Canada ou l’Australie sont partis trop loin dans le délire du totalitarisme sanitaire, il reste encore quelques États raisonnables (à côté de ces épaves démocratiques, le Texas ou la Floride font figure de havres de raison). En Europe, la Suède semble avoir conservé son sang froid avec raison ; reste à savoir si elle continuera sur la même démarche alors que les pays nordiques sont notoirement connus pour leur gourmandise vis-à-vis des gadgets numériques, le pass sanitaire puis social devant être drôlement attirant dans ce contexte…

Notons que beaucoup de pays où l’État n’est pas réellement en mesure d’imposer une surveillance étroite de sa population au niveau le plus fin ont été obligés de composer avec le réel ; ces pays, souvent dans les pays en voie de développement, peuvent parfois constituer un étonnant mieux-disant en matière de libertés qu’une France baignée dans ses contraintes sanitaires de plus en plus ubuesques. D’autres pays comme l’Inde ou l’Indonésie, clairement pas assez riche pour se permettre de distribuer des vaccins à une population fort nombreuse, semblent avoir trouvé des alternatives qui donnent des résultats concrets sans pousser leurs peuples vers un joug sanitaire invraisemblable.

Enfin, il restera tous ceux qui choisiront l’exil intérieur : diminuant leur surface d’interaction avec le reste de la société et notamment de la société administrée par les castes jacassantes, s’éloignant volontairement de toute dépendance des faux services que l’Occupant intérieur prétend leur rendre, ces exilés de l’intérieur deviendront rapidement impossibles à hypnotiser. Les admonestations présidentielles, qu’ils n’entendront même pas, ne serviront à rien.

Mais rassurez-vous : pour tous les autres, ceux qui s’obstinent à vouloir retrouver un semblant de normalité en acceptant plus ou moins niaisement l’empilement d’ordres et de contre-ordres émis par Jacques-à-dit Macron et son gouvernement, le cirque va joyeusement continuer.

Les dosettes de produits expérimentaux sont déjà prêtes, commandées ou en cours de fabrication. Tout le monde y aura droit, qu’on vous dit. Plusieurs fois, même. Les programmes et autres applications colorées sortent déjà des compilateurs en vibrant de plaisir à l’idée d’infecter de s’installer sur votre téléphone. Les décrets sont quasi-écrits, les lois quasi-votées (une formalité). La résistance est futile.

Soyez sages, obéissez.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © H16. Publié avec l’aimable autorisation de l’auteur (son site)

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